Peter Broderick / Nils Frahm / Louisville

 date du concert

10/05/2009

 salle

Instants Chavirés,
Montreuil

 tags

de bruit et de silence / Félicia Atkinson / Innocent X / Instants Chavirés / Louisville / Nils Frahm / Olivier Cavaillé / Peter Broderick

 liens

Innocent X
Instants Chavirés
Olivier Cavaillé
de bruit et de silence
Peter Broderick
Félicia Atkinson
Nils Frahm
Louisville

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Après une nuit blanche marquée par le breakcore d’Aphex Twin, rendez-vous était pris pour une soirée un peu plus douce aux oreilles aux Instants Chavirés, organisée par de bruit & de silence, déjà responsable la semaine précédente de l’affiche Astrïd / Balmorhea. Certainement beaucoup de monde pour Peter Broderick, des amis de l’équipée Louisville, mais pour notre part c’est la présence de Nils Frahm qui motivait notre déplacement, le jeune homme sortant ces jours-ci un nouvel album chez Sonic Pieces, une structure berlinoise évoquée il y a quelques semaines avec la sortie d’un split Konntinent / Adam Flynn.

On commence justement avec Nils Frahm, 26 ans, seul au piano. Comme on s’y attendait un peu, un set très orienté néoclassique, mais avec un jeu contrasté, alternant calme et douceur avec de belles montées pleines de tension. Ces dernières sont construites sur de progressives évolutions d’arpèges et un jeu plus appuyé, des successions de ralentissements du tempo pour pouvoir le relancer régulièrement. Dans les passages les plus calmes, un joli dosage entre notes et silences, bref une musique toute en finesse et assez immédiate. Si la musique du jeune homme doit très bien passer sur disque, on ne saurait trop vous conseiller de poursuivre la découverte en live tellement celui-ci semble habité par sa musique, se levant presque de son siège dans les passages les plus enlevés, complètement recroquevillé sur lui même quand sa musique se fait plus délicate.
Après environ 30mn de solo, Nils Frahm se voit rejoint par Peter Broderick pour un dernier morceau en duo. Ce dernier prend place au piano électrique et quelques effets, proposant d’abord un fond sonore de nappes et field recordings, puis saisit son violon pour un superbe accompagnement. Une dernière pièce que l’on trouvera très cinématographique et globalement une prestation de Nils Frahm qui sera notre meilleur moment de la soirée.

C’est ensuite au tour de Peter Broderick que nous n’avions jamais écouté avant ce soir mais que l’on situait quelque part entre néoclassique et folk. On remarque tout de suite que l’on est dans une configuration désormais classique, basée sur une succession de mises en boucles qui se superposent, permettant à n’importe quel artiste en solo de faire comme si tout un groupe était sur scène. Il nous proposera un set, riche, varié, ce que l’on percevra à la fois comme un avantage et un inconvénient. Avantage pour qui ne connaît pas l’artiste, permettant une appréciation assez juste de son champ d’exploration. Inconvénient ensuite car manquant un peu de cohérence sur l’ensemble d’un concert qui pourra paraitre décousu. On passe ainsi rapidement à une musique très néoclassique mêlant piano et violon à une folk épurée avec guitare et un chant tout en douceur. L’instrumentation est relativement riche, avec en plus des classiques piano / violon / guitare, quelques jouets musicaux, mélodica, petits bruitages ou mélodies approximatives qui, mises en boucle forment un bel et léger accompagnement. Le public participera également lorsque Peter nous demandera de souhaiter un joyeux anniversaire pour l’un de ses amis, on sera alors samplé en direct et incorporé dans le morceau en cours. Pour finir, un joli titre très axé sur la voix, samplée, superposée, ajoutant encore son chant sans micro alors qu’il venait se mêler aux spectateurs.

On terminera avec Louisville, projet formé par Félicia Atkinson, Olivier Cavaillé et Nikolu, enrichi en live par Pierre Fruchard et Étienne Bonhomme, tous deux croisés au sein du groupe post-rock Innocent X. Si l’affiche Astrïd / Balmorhea de la semaine précédente était particulièrement cohérente, Louisville se trouve ici un peu en déphasage après Nils Frahm et Peter Broderick. Çà débute par une sorte d’ambient expérimentale, chaque musicien produisant de petits bruitages, une nappe mélodique à la guitare, quelques grincements sur les cymbales, Félicia Atkinson étant assise par terre, casque de walkman sur les oreilles. Et puis elle murmure des noms de groupes/artistes américains... Slint, Tortoise, Palace, Rachel’s, David Pajo, "Smog... sa musique est grande".... bref un étalage nombriliste et prétentieux mêlé à une sorte de complexe d’infériorité francophone vis à vis des artistes anglo-saxons, le tout fait avec une naïveté adolescente, mais on essayera de passer outre et de ne pas quitter la salle tout de suite.
Une introduction d’autant plus regrettable que la suite tient plutôt bien la route, mais peut-être ne faisions nous plus attention aux textes. La musique est délicate avec de longues plages calmes certainement en partie improvisées, lancinantes, contrastant avec des montées rock orageuses du plus bel effet, Félicia criant alors dans son micro. Plus tard, l’électronique prendra une importance nouvelle, un laptop produisant une rythmique faite de clicks et chuintements nous rappelant un peu le travail de Radian, comme quoi l’americana ne fait pas tout.
Bilan mitigé donc, plaisant par endroit, horripilant par ailleurs, on modèrera cet avis en remarquant aussi qu’il s’agissait là de leur tout premier concert.

Fabrice ALLARD
le 17/05/2009

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