The Best And The Worst Of Us

 chorégraphe

Simone Aughterlony

 date

16/05/2009 et 17/05/2009

 salle

MC93,
Bobigny

 appréciation
 tags

MC93 / Simone Aughterlony

 liens

MC93
Simone Aughterlony

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On parle très souvent en ces pages, qu’il s’agisse de la recension de pièces de théâtre, de films ou de spectacles de danse, d’un travail sur la représentation. Question régulièrement placée au centre des préoccupations des créateurs, elle constitue également le pivot de The Best And The Worst Of Us, chorégraphie de la Néo-Zélandaise (et Suissesse d’adoption) Simone Aughterlony présentée dans le cadre des Rencontres Chorégraphiques de Seine-Saint-Denis.

Ayant pris le parti d’abandonner toute expérience sur le solo, la jeune femme s’adonne à présent à une recherche consacrée uniquement au groupe et donc à sa représentation. Parfaitement légitime, voire louable, un tel souci donne malencontreusement ici lieu à un spectacle qui n’élude pas les clichés du genre. Ainsi, les danseurs commencent à œuvrer de manière isolée avant de réaliser le même geste, de se suivre les uns les autres en changeant de direction sous l’impulsion d’un chef de file, dans un mouvement déjà tellement vu. Au-delà de cet aspect purement chorégraphique, les approches plus performatives de The Best And The Worst Of Us livrent aussi leur palanquée de moments convenus : critique du caractère panurgique du groupe via des métaphores appuyées (« nous valsons dans la salle de bal alors qu’un iceberg fissure le navire » déclame une danseuse), mise en balance de l’insouciance transpirant d’une scène festive (cotillons, serpentins et ballons de baudruche) et de la profonde solitude des participants, passage musical dans lequel chacun joue en solo (harmonium, sistre, maracas, boîte en bois, guitare) avant qu’une unité ne naisse afin de constituer un véritable morceau. Globalement, on ne put alors que regretter une volonté un peu trop marquée de Simone Aughterlony de tendre vers cet éternel universalisme auquel ne peut échapper quiconque travaille la question du groupe.

Fort heureusement, quelques passages viennent s’inscrire en un audacieux contrepoint comme celui, plus proche alors du théâtre, où l’une des danseuses raconte des histoires censément vécues par le groupe : « souviens-toi quand l’un de nous était barbu et qu’il est monté sur cette montagne et en est redescendu avec deux blocs de pierre remplis de texte », « souviens-toi quand nous avons construit ces pyramides ». Un autre des danseurs l’interrompt brusquement : « arrête, tu n’as pas vécu ces histoires/souvenons-nous plutôt des histoires que nous avons réellement vécues ». Critique des mythologies forgées à travers les âges et perpétuée de groupes en groupes, volonté de singulariser l’individu et de le dégager du passéisme, ironie distante : voici les pistes que le spectacle tout entier aurait peut-être dû creuser.

Autres dates :
29 et 30 mai 2009 : Kunstencentrum Campo – Gand
22 juin 2009 : Stary Browar Art Center – Poznan
30 et 31 janvier 2010 : Arsenic - Lausanne

François Bousquet
le 22/05/2009

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