BJ Nilsen & Stilluppsteypa

Man From Deep River

(Editions Mego / La Baleine)

 date de sortie

26/01/2009

 genre

Electronique

 style

Ambient / Drone / Field Recordings

 appréciation

 tags

Ambient / BJ Nilsen / Drone / Editions Mego / Field Recordings / Hazard / Sigtryggur Berg Sigmarsson / Stilluppsteypa

 liens

Editions Mego
BJ Nilsen
Stilluppsteypa

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Voici la suite de cette collaboration qui dure depuis 2005 entre le Suédois BJ Nilsen et le duo islandais Stilluppsteypa. Une collaboration régulière, le trio produisant un album par an, et un travail parfaitement complémentaire où BJ Nilsen habille de ses nappes et drones les compositions tour à tour minimales et abstraites des Islandais. Si cette quatrième production sort chez Mego, on soulignera que les précédents album du trio sont sortis chez l’excellent label Helen Scarsdale Agency.

Pour ce nouvel album, le trio est parti d’une cassette trouvée, datant de 1975. On ne sait pas exactement ce qu’il y avait dessus, mais on imagine qu’en dehors de la simple inspiration qu’a pu susciter cet enregistrement, certains de ses éléments ont été samplés et utilisés ici. On pouvait s’en douter à la lecture du titre de l’album et connaissant les artistes, Man From Deep Water est très imagé, et on a souvent l’impression d’écouter la bande sonore d’un film. Celui-ci débuterait à bord d’une pirogue, sur une rivière traversant une forêt tropicale. Notre héros progresse lentement et entend des musiques, percussions et chants tribaux dans les villages avoisinants, tandis que les oiseaux composent une mélodie permanente. Malheureusement notre homme a du absorber un poison, son ouïe de déforme, il sombre, se fait capturer, et enfermer au fond d’une grotte. Très imagé donc, avec un premier morceau en grande partie composé de field recordings, tandis que nappes et drones servent à créer des atmosphères généralement inquiétantes, oppressantes. Mais le groupe produit aussi des séquences plus classiquement musicales, magnifique mélodie de cordes par ci, électronique minimale terriblement accrocheuse plus loin, ce premier titre est tout simplement à couper le souffle. En 24 minutes BJ Nilsen et Stilluppsteypa nous font vivre une histoire, transmettant les émotions qui vont avec, et explorent 50 ans de musiques électroniques tant au niveau de la composition (classique à base de notes, collage façon musique concrète, travail purement sonore avec les drones) que de l’outillage (des bandes magnétiques de la cassette au laptop en passant par les synthés analogiques des années 70).

La suite pourra presque paraître anecdotique, mais peut-être cette impression est-elle liée au fait que les deux autres pièces sont plus abstraites. Un travail sur l’ambiance avec des drones, des sonorités aquatiques lumineuses décrivant un univers d’une beauté infinie, des paysages nocturnes, quelque part entre expérimentations électroniques des années 50 et sonorités ambient 70s. Une allumette que l’on craque puis un incendie dévastateur et crépitant, notre homme semble s’être évadé, longer une rivière, traverser des tunnels dans lesquels des dialogues résonnent, puis une voix, en français, et des nappes denses, des tournoiements synthétiques psychédéliques, des drones puissants.

Bien sûr, il doit y avoir moyen de faire son propre film, et c’est bien là l’une des forces de ce type d’œuvre. Ce quatrième album de BJ Nilsen et Stilluppsteypa ne fait que confirmer tout le bien que l’on pensait d’eux. On aimerait bien vous dire qu’il s’agit là d’une œuvre majeure, mais seul l’avenir le dira.

Fabrice ALLARD
le 24/05/2009

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