Lawrence English

Kiri No Oto

(Touch / La Baleine)

 date de sortie

00/07/2008

 genre

Electronique

 style

Ambient / Drone / Noise

 appréciation

 tags

Ambient / Drone / Lawrence English / Noise / Touch

 liens

Touch
Lawrence English

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Comme promis il y a quelques semaines, nous opérons un petit retour sur Lawrence English en parlant de cet album paru chez Touch l’été dernier. L’Australien, responsable notamment du label Room40 (DJ Olive, Steinbrüchel, Janek Schaefer), est déjà auteur d’une discographie riche, aux frontières de l’ambient, du drone, des field recordings, avec une volonté de recherche, d’expérimentation qui l’amène à diverses collaborations (Tujiko Noriko, Aki Onda, Philip Samartzis, ou récemment Francisco López chez Baskaru).

Kiri No Oto reflète peut-être bien la veine la plus représentative de son travail, avec une ambient-drone légèrement noisy parfaitement adapté à une sortie chez Touch. Le titre de l’album vient du japonais et se traduirait en français par quelque chose comme "le son de la brume", ce qui devient tout à coup beaucoup plus imagé. Même sur le premier titre, pas de lente montée pour rentrer dans cet univers sonore dense. On pénètre brutalement dans un magma composé de nappes d’orgues grésillantes (Organs Lost At Sea), donnant l’impression d’arriver pendant un concert, d’avoir raté le début, évoquant l’idée que le son était là avant même que l’on appuie sur la touche ’Play’.
Les morceaux s’enchaînent alors de manière plus ou moins forcée, tantôt dans une réelle continuité, tandis que par ailleurs la fin d’un titre prépare l’arrivée du suivant, en particulier quand le son diffère comme avec Soft Fuse, d’une ambient plus classique, aux sonorités plus limpides, avec aussi une plus grande amplitude dans les croisements d’oscillations sonores.
Comme une mer plus ou moins agitée, comme un brouillard plus ou moins dense, la musique de Lawrence English passe par de violents orages granuleux évoluant au gré de filtres (l’ambient-noise de White Spray), se fait presque agressif via des nappes métalliques et cristallines (Waves Sheer Light) et touche au sublime sur Allay, parfait équilibre entre un drone menaçant et des boucles mélodiques infinies qui semblent provenir d’enregistrements de musiques tribales. La nature est omniprésente, dans le titre, l’évocation musicale, mais bien sûr dans des field recordings plus ou moins identifiables, pluie, tempête, orage, ressac, et oiseaux aussi sur Figure’s Lone Static.

Pour qui ne connaîtrait pas encore très bien Lawrence English, Kiri No Oto s’avère être une excellente introduction aux travaux de l’Australien. Ambient, drone, et subtil bruitisme, à la fois linéaire et oscillant dans un mouvement perpétuel, cet album est un petit bijou.

Fabrice ALLARD
le 02/06/2009

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