Troum / Giuseppe Ielasi

 date du concert

04/06/2009

 salle

Instants Chavirés,
Montreuil

 tags

Bimbo Tower / Giuseppe Ielasi / Insight Project / Instants Chavirés / Troum

 liens

Instants Chavirés
Troum
Bimbo Tower

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Ouh laaaa... notre dernière chronique d’un concert de Giuseppe Ielasi date de 2003 ! Pourtant l’Italien est plus actif que jamais, produisant plusieurs albums par an. Cela dit, ce soir c’est surtout pour Troum que l’on venait, histoire de découvrir cette formation, déjà vieille de plus de 10 ans mais que l’on ne connaissait pas. Il s’agissait aujourd’hui d’une soirée organisée par le fameux disquaire de Bastille Bimbo Tower et l’association Insight Project qui nous avait déjà offert les concerts de Pan Sonic et Dither au Triptyque et surtout le génial concert de Biosphere à la Géode il y a un peu plus d’un an.

Étaient également prévu Small Cruel Party, mais on apprendra en arrivant aux Instants que leur participation était annulée. On commencera donc tout de suite par Giuseppe Ielasi, installé sur une petite table placée dans l’espace dédié au spectateurs qui s’installeront tout autour de l’artiste. Son dernier album paru chez 12k a été chroniqué sur ces pages en début d’année, et sans l’avoir écouté on imaginera que ce live était une manière de présenter sa dernière production. En effet l’Italien commence en douceur, dans un style très concret tout en gardant une composante ambient : une nappe très loin en arrière plan, et une multitude de petits bruitages, entrechocs de bois et de métal pouvant évoquer à la fois la pluie qui vient frapper une fenêtre ou un système mécanique horloger. Et puis il semblera chercher un équilibre entre musique électroacoustique et ambient plus traditionnelle en augmentant petit à petit l’ampleur des nappes oscillantes, donnant l’impression de respirer (inspiration/expiration), opérant un retour au calme, et se lançant finalement dans une lente et longue montée proche du drone jusqu’à emplir tout l’espace sonore. Retour au calme ensuite en retrouvant un aspect mécanique puisqu’alors que les nappes et drones s’effacent, c’est une mélodie de trompette qui se fait entendre, répétitive et crépitante, comme tirée d’un disque vinyle rayé.
Cela fait donc longtemps qu’on ne l’avait vu en concert mais ces retrouvailles furent plutôt agréables !

Changement de registre ensuite avec le duo allemand Troum. Si cette formation est active depuis 1997, Martin Gitschel et Stefan Knappe étaient déjà à l’œuvre au sein de Maeror Tri depuis 1988, dans un registre similaire et sortant notamment quelques disques chez Ant-Zen. En effet Troum a une approche plutôt industrielle de la musique et attire logiquement un public porté sur ces sonorités, mais les spectateurs présents ce soir pouvaient tout aussi bien être amateur d’ambient, de drones et autres sombres joyeusetés.
La salle est plongée dans le noir, la scène baignant dans une pénombre violette, les deux artistes se faisant face et commençant à jouer avec machines et instruments à vent, avec sur ce premier titre un long tube dans lequel soufflait Stefan Knappe, rappelant un didgeridoo. On sera un peu gêné par une base assez importante qui semble enregistrée, réduisant un peu l’intérêt du live. Sorte de field recordings et cris lointains complètement noyés dans les effets, et des nappes graves, entre didgeridoo et sirène de paquebot. Atmosphère pesante, à la fois calme et dérangée. La formule change peu, l’un optant pour un nouvel instrument à vent, le second utilisant sa voix, le tout étant sévèrement traité. A posteriori notre sentiment est assez partagé, plutôt conquis par la formule électronique/acoustique traité en temps réel, un résultat généralement convainquant, mais aussi un peu gêné par une certaine lourdeur et/ou approximation des deux artistes, cédant parfois à une certaine facilité (nappes synthétiques, lancement de rythmiques), mais on finira par faire abstraction de ces quelques défauts au fur et a mesure que l’on entrait dans leur univers sonore.
Un concert globalement plaisant, une belle découverte, mais dont on poursuivra l’écoute principalement sur disque.

Fabrice ALLARD
le 13/06/2009

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