Jacob Kirkegaard

Labyrinthitis

(Touch / La Baleine)

 date de sortie

00/10/2008

 genre

Electronique

 style

Ambient / Expérimental / Minimal

 appréciation

 tags

Ambient / Expérimental / Jacob Kirkegaard / Minimal / Touch

 liens

Touch
Jacob Kirkegaard

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Le hasard fait que nous n’avons jamais parlé de Jacob Kirkegaard sur ces pages ce qui ne signifie pas pour autant qu’en dehors d’EtherREAL nous ne l’avions pas déjà croisé. Habitué du label Touch, c’est lors d’une collaboration avec Philip Jeck et l’album Soaked qu’on le découvrait, sans forcément chercher à aller plus loin, et c’est aujourd’hui qu’on le regrette. A mi-chemin entre recherche scientifique et discipline artistique, le travail du Danois est plutôt singulier, spécialisé sur la résonance (l’album 4 Rooms), la matérialisation d’ondes sonores (l’installation Polythera), ou l’enregistrement d’ondes visuelles (album Eldfjall).

Avec Labyrinthitis, il reprend certaines de ses méthodes de travail comme l’enregistrement récursif, et le pousse encore plus loin puisqu’il travaille sur le récepteur même des ondes sonores, l’oreille interne, d’où le titre de l’album. Labyrinthitis (Labyrinthite en français) est un trouble de l’équilibre suite à une infection de l’oreille interne, celle-ci étant logée dans un os appelé labyrinthe. Voilà pour le cours d’anatomie.
Médecine ensuite puisque ce travail a été commissionné par le Medical Museion de Copenhague, s’appuyant sur deux éléments. D’abord le constat qu’en émettant une fréquence sonore, l’oreille interne réagit, des micro cils se mettent en mouvement créant eux aussi des sons. Ensuite le fait qu’en envoyant deux sons de fréquences bien précises, l’oreille produit un troisième son appelé DPOAE ou en français distorsions produites par otoémission acoustique.

C’est de là qu’est parti Jacob Kirkegaard, en commençant par se diriger dans un centre de recherche sur l’audition à Copenhague où il s’est prêté au jeu de ces distorsions. Deux sons ont été envoyés dans ses oreilles et un micro a enregistré la distorsion produite par son oreille interne. En fonction de la fréquence de cette distorsion, la fréquence d’une autre onde a été calculée (le ratio entre les deux fréquences doit être de 1/1.2) afin de générer une nouvelle distorsion, et ainsi de suite.
C’est ce process qui est reproduit sur l’album sur une pièce de 38mn. On entend d’abord deux fréquences, ondes pures légèrement vibrantes, apparition de l’onde généré et on repart dans une boucle qui pourrait être infinie, où le son généré par le récepteur devient son émis provoquant la génération d’une nouvelle sonorité par le récepteur. Jacob Kirkegaard travaille ainsi sur un effet de résonance de l’oreille interne, et nous donne à entendre l’inaudible.

Travail véritablement conceptuel, comme on le disait à mi-chemin entre recherche médicale et activité artistique, Labyrinthitis se révèle toutefois être un très bel album ambient, minimal, pur, avec pour une fois des distorsions apaisantes.

Fabrice ALLARD
le 07/07/2009

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