Peter Rehberg

Work For GV 2004-2008

(Editions Mego / La Baleine)

 date de sortie

31/10/2008

 genre

Electronique

 style

Ambient / Drone / Expérimental

 appréciation

 tags

Ambient / Drone / Editions Mego / Expérimental / Fenn O’Berg / Gisèle Vienne / Peter Rehberg / Pita

 liens

Peter Rehberg
Pita
Editions Mego
Gisèle Vienne

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Cela fait des années maintenant que l’on suit le travail de Peter Rehberg, ou Pita pour les intimes. Selon ses travaux c’est en effet sous ce pseudo ou sous son vrai nom qu’il se produit. Work For GV signifie en clair "Work for Gisèle Vienne", chorégraphe parisienne avec qui il collabore depuis 2001 pour ShowroomDummies, puis Stereotypie en 2003, chroniqué sur ces pages. Si la bande son de ces spectacles avait fait l’objet de deux albums ciblés, il n’y avait jusque là aucune trace enregistrée des collaborations suivantes, ce à quoi vient pallier cette sortie.

L’album regroupe des morceaux composés entre 2004 et 2008 pour trois spectacles de Gisèle Vienne : I Apologize (2004), Une belle enfant blonde (2005) et Jerk (2008). Elles sont placées dans le désordre afin d’essayer de composer un véritable album plutôt qu’une simple compilation, et l’effet est plutôt réussi : variations au fil de l’écoute, mais aussi unité de ton alors qu’en l’espace de 4 ans, le style aurait pu être très varié.
Disons le tout de suite, pour qui connait déjà le travail de Pita, cet album a une tonalité quelque peu différente, un peu comme si l’Autrichien produisait une musique de film, jouant énormément sur les ambiances et l’évocation. Beaucoup plus calme, posé, faisant la part belles aux drones, on est ici plus proche de l’ambient que de la noise abstraite même si les intenses drones nasillards et saturés de ML6 tendent à nous rappeler que c’est bien Pita qui est aux manettes, produisant ici une ambient noise puissante. Si elle reste cinématographique, la musique composée pour I Apologize fait preuve d’une certaine tension, révélant des influences industrielles sur Black Holes, répétitif et tournoyant.
L’aspect narratif et théâtral reste ici intact. Des sons d’ambiance certainement enregistrés en situation lors de représentations ou répétitions font parfois leur apparition comme ces bris de verres qui ouvrent Murder Version, les applaudissements, crissements et sifflets sur Final Jerk, mais aussi des textes, écrits et lus par l’écrivain Dennis Cooper.
On notera enfin des accents se rapprochant d’une musique contemporaine, électroacoustique sur quelques pièces de Une belle enfant blonde, tant dans la composition, jouant énormément sur l’abstraction et la déconstruction, que dans le choix des sonorités et de leur traitement. On aura finalement qu’un petit aperçu du spectacle Jerk puisqu’un seul morceau en est extrait, mêlant nappes et drones avant d’exploser dans un final nerveux à base de machines nasillardes, débridées, et sirènes mélodiques.

Si Pita a toujours su jouer habilement de l’expérimentation et de la sensibilité à fleur de peau, Work for GV 2004-2008 met en avant sa seconde facette, sensible mais toujours très contrasté, comme si une violence contenue finissait au final toujours pas éclater.

Fabrice ALLARD
le 12/07/2009

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