Till The Old World’s Blown Up And A New One Is Created

Till The Old World’s Blown Up And A New One Is Created

(Mosz / Import)

 date de sortie

03/11/2008

 genre

Electronique

 style

Ambient / Glitch / Minimal

 appréciation

 tags

Ambient / Fennesz / Glitch / Martin Brandlmayr / Minimal / Mosz / Till The Old World’s Blown Up And A New One Is Created / Werner Dafeldecker

 liens

Fennesz
Mosz
Martin Brandlmayr

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Sous ce nom étrange se cachent en fait quelques artistes très connus des amateurs de musiques électroniques un peu pointues, des stars même pour certains d’entre eux. Il s’agit d’un trio autrichien comprenant Fennesz, Martin Brandlmayr (l’incroyable batteur de Radian, également présent au sein de Kapital Band 1) et Werner Dafeldecker, moins souvent abordé sur ces pages, plus proche de la scène jazz, mais ayant collaboré notamment avec des gens comme Martin Siewert, Sachiko M, Otomo Yoshihide ou encore Luc Ferrari.

L’objet est lui aussi assez atypique puisque dans un boitier cristal classique, prennent place un CD 12cm, et un mini-CD 8cm. Sur le premier se trouve une pièce de près de 35mn, tandis que sur le second ce sont trois morceaux aux durées plus conventionnelles. Sur le principe ensuite, on remarquera que cet album a mis du temps pour arriver à maturité puisqu’il fait suite à des séances d’improvisations enregistrées courant 2005, complétées par de nouvelles sessions sur 2007 et 2008. Ces enregistrements ont ensuite fait l’objet de sélections/éditions par chacun des artistes, individuellement, afin de créer les trois pièces du mini CD. Trois visions d’un même matériau sonore avec tout d’abord Fennesz et Tau, nous permettant de retrouver ses mélodies de guitare tristounes et joliment saturées avant d’insister sur la douceur dans une deuxième partie. Dafeldecker se charge de Jets, plus texturé, rempli de souffles crépitants, utilisant sa contrebasse avec parcimonie et mettant en valeur toute la subtilité des rythmiques de Brandlmayr qui donne l’impression de jouer avec des cuillères. On pourra être surpris que ce soit ce dernier qui retienne les mélodies de guitare les plus classiques, les plus rock aussi, mais trouvant un juste équilibre avec sa rythmique et encore de nombreux glitchs, souffles grésillants ou crépitants.
Avec ses 35 minutes, le morceau titre qui porte aussi le nom de la formation, est une longue et ample divagation sonore aux contours flous. Jolies bribes musicales, extrême lenteur, on est ici dans l’évocation, la suggestion. On se rapproche parfois d’un jazz langoureux ponctué de frétillements rythmiques et bruitages électroniques, tandis que les mélodies se forment à partir d’éparses guitares limpides et d’un marimba. Le temps s’écoule lentement sur cette bande sonore cinématographique qui pourra évoquer Tortoise par endroit.

Avec un tel trio, il était difficile de se planter et comme on s’y attendait, Till The Old World’s Blown Up And A New One Is Created est un petit bijou, précis, finement ciselé et précieux.

Fabrice ALLARD
le 25/07/2009

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