Jackie-O Motherfucker - Haco - Junko + Dust Breeders

 date du concert

25/10/2002

 salle

Instants Chavirés,
Montreuil

 tags

Fred Nipi / Haco / Instants Chavirés / Jackie O Motherfucker / Junko

 liens

Haco
Fred Nipi
Instants Chavirés

Cette soirée est chargée, comme souvent lors des concerts organisés par Bimbo Tower aux Instants Chavirés, puisque quatre sets sont prévus. Ca commence avec Fred Nipi (machins électroniques dans une boite) en duo avec Josh Stevenson de Jackie’O aux synthétiseurs. Ca dure moins d’une dizaine de minutes, c’est noise à souhait avec de gros vrombissements et ça se termine par le départ brusque d’un des deux musiciens, bref, tout comme il faut.

Ensuite Jackie-O Motherfucker prend place, en formation élargie par rapport au concert de la semaine passée au même endroit, puisque deux violoncellistes parisiens ont rejoint le groupe. Le concert de ce soir va se révéler beaucoup plus passionnant que le précédent, le groupe produit un son plus riche, dû aux musiciens supplémentaires, mais aussi à une présence accrue de l’électron libre qui passait son temps à souffler dans un vocoder la semaine passée, et qui ce soir alterne improvisation sur une guitare acoustique, vocoder et harmonica. Sinon, on retrouve ce mélange entre une musique réfléchie et cadrée par le batteur et Jef Brown à la guitare, et les autres musiciens qui expérimentent et rajoutent différentes sonorités au thème principal. La musique est en évolution constante, et à peine croit-on reconnaître une mélodie ou une influence que le groupe a déjà glissé vers un autre amas de sons.

Haco toute seule prend le relais, avec une petite table sur laquelle sont posés un boîtier d’effets et divers ustensiles. Elle chante de petites chansons-comptines en japonais, dansant sur une plaque reliée à des micros, grâce à laquelle elle crée une rythmique, s’accompagnant d’une petite mandoline électrique. Elle arrive à évoquer tout un univers à partir de pas grand chose, par exemple un simple micro qu’elle rapproche d’une petite timbale pour en modifier le larsen et la résonance. C’est dans ce décalage entre le minimalisme des moyens, cet attachement à ne garder que l’essentiel, et les chansons qui en résultent que se trouve tout l’impact que Haco produit sur ses auditeurs.

Le dernier concert est celui de Junko, chanteuse de Hijokaidan aux côtés de Jojo Hiroshige, accompagnée ce soir par les Dust Breeders, groupe français armé de mange-disques et d’amplis. Et c’est reparti pour vingt minutes de noise. Les musiciens font tournoyer leurs mange-disques pour faire varier le larsen, tapent dessus, les tordent, crient à travers le plastique pour faire passer quelque borborygme dans le micro. Visuellement comme à l’écoute, c’est impressionnant. La-dessus Junko rajoute ses cris suraiguës (mais comment peut-elle faire ça tous les soirs ?) qui même avec le micro éteint surnagent sur le bruit des trois autres. Ca se termine par abandon des troupes, Michel Henritzi tout d’abord avec un ampli en berne.

Bertrand Le Saux, Soizig Le Calvez
le 08/11/2002

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