Festival Némo 2003 - Next : Découvertes

 réalisateur

Yael Bartana

 date

du 17/01/2003 au 26/01/2003

 salle

Forum des Images,
Paris

 tags

Forum des Images / Yael Bartana

 liens

Forum des Images

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Sous l’intitulé Next, on devine aisément que sont diffusés des films expérimentaux, de jeunes réalisateurs tentant des mélanges originaux : film d’animation, super 8, images de synthèse, vidéo, etc... Le programme propose dans cette section diverses projections : films présentés au festival londonien OneDotZero, moyens et long-métrages, et 7 séances Découvertes sur lesquelles on vous propose ce panorama.

Découvertes #1

On commence par Terrorisma, un faux documentaire de Daniel Klein qui tourne en ridicule les plans d’un groupuscule s’apprêtant à passer à l’action. De la même société on préférera l’humour tendre de Space on Earth, signé Patrick Volve, qui dans le même esprit nous raconte l’histoire de deux extra-terrestre gay en pâte à modeler qui viennent conquérir notre planète.
Home Road Movies retiendra notre attention pour son style gentiment rétro malgré ses images de synthèse plutôt que pour son récit, tandis que Tales of Mere Existence de Lev s’avère fort séduisant : l’auteur se filme en train de dessiner des personnages, comme une BD, une voix off racontant l’histoire de ceux-ci. Un ton particulier, un humour désabusé. On aura tout de même une petite préférence pour les films purement esthétiques, et non narratif. Barcode de Adriaan Lokman par exemple, également en image de synthèse propose un ballet de lumières autour de poteaux créant des lignes mouvantes. Bobrennen Im Summer de Daniel Zimmermann nous invite à faire un original parcours de bobsleigh en plein été et Remind Me, un clip du duo norvégien Röyksopp, nous intègre dans cette société de consommation qui forme notre quotidien avec un film d’animation très soigné.
On terminera par notre préféré de cette sélection, Délices de Gérard Caraishi, avec près de 10 minutes assez répétitives mais envoûtante : l’image d’un visage d’enfant apparemment, alterne rapidement avec des feuillages en négatif. Ce changement rapidement permet de voir à la fois ces deux images, mais donne l’impression d’en voir une troisième. Sur le même principe un poisson nage dans une rivière, en arrière plan du visage. Tout est mis à plat mais on imagine alors cet enfant allongé dans l’herbe au bord d’une rivière, à l’ombre des arbres, même si cette scène n’est jamais vue tel quel.

Découvertes #2

Sept films présentés dans une sélection annoncée comme la plus narrative. Certes, on est loin des films purement visuels et abstrait, mais la narration nous a quelque fois échappé... Tu Vois de Ruiz est très minimaliste dans sa mise en scène. Une jeune femme, seule chez elle, se caresse, se regarde dans un miroir, et nous raconte sa vie. Ses réflexion, son angoisse face à l’avenir, son rapport aux hommes, s’analyse avec une lucidité effrayante. Entropie de Jérôme Thomas laisse plus une impression qu’il ne raconte une histoire. Superbe noir et blanc, gros travail sur le son, et des scènes que l’on voir sous plusieurs angles. La Dernière Voix de Julien Fonfrède et Karim Hussain nous conte une histoire de science-fiction. Dans un avenir dont on ne situe pas la proximité, une ville inconnue, sans fenêtre où il pleut tout le temps. L’eau détruit tout, le papier, le bois, le métal, les gens vivent sous l’eau, et la maladie leur a fait perdre la parole. Ils écrivent alors sur la peau d’autres personnes, des messagers. C’est beau, troublant, et mise en musique par David Kristian.
Pour finir, Play With Me de Esther Rots dans lequel une jeune femme accrochée à une bouée sa fait tirer par un bateau. Ses pensées divaguent, des souvenirs resurgissent, jusqu’à l’accident. Quelques plans abstraits, en jouant avec l’eau, et une ambiance assez étrange pour ce très beau film.

Découvertes #3

Une séance avec de très nombreux films, aux styles variés, parfois avec peu de moyens, et d’autres qui ressemblent à des super productions en image de synthèse. On commence avec L’Objet du Désir, un film de commande pour la coupe du monde de foot 2002, réalisé par Alain Escalle dans un superbe noir et blanc, se révèle sensuel.
Jouant également avec l’abstraction et ce qu’elle peut évoquer, Ratsi (eMovie) nous livre un Superhighway of Light presque uniquement composé d’éclairages nocturne, de rayons de lumière piégé par l’objectif. Egalement motorisé, Henry Sachs joue la carte de l’humour avec Roadmovie. Les plus courtes sont toujours les meilleures ? 1’18" ont suffit à nous convaincre. Time is not a Remedy, réalisé par Arno Delord et Caleb (Metronomic) est un clip du Slot dans lequel est filmé un appartement sans ses occupants. Mais on devine ce qu’est leur vie en voyant tous les changements qui s’y produisent : changement des posters, arrivée deux 2eme brosse a dent, etc...
Mais cette sélection comprenait beaucoup de film narratifs : du théâtre filmé avec la fable Duck Children, bucolique mais qui finit plutôt trash, As If de Christian Meyer et Un Noël chez les Lambert de Julien David, saisissent des tranches de vie mises en scène en mêlant vidéo et dessin ou images de synthèse. Mais surtout, on retiendra deux films à gargouilles entièrement en image de synthèse. Gouille et Gare de Gamer (LDM Productions) tourne en ridicule les gargouilles de Notre Dame, tandis que le québécois Guy Lampron nous livre avec Sentinelles un superbe film tendre et poétique mettant en scène deux aigles métalliques, prisonniers des murs d’un building. Ils font face aux éléments extérieurs, et tentent de se soutenir mutuellement. Une ambiance assez sombre, des plans magnifiques, une ville futuristes pas si éloignée de Gotham City.

Découvertes #4

Cette sélection était très musicale, avec des films plus long et peut-être aussi plus expérimentaux. On en retiendra deux en particulier.
Tryptique de Johanna Vaude, propose trois clip musicaux dans lesquels l’auteur n’hésite pas à ce mettre en scène. Trois films agréables mais trop minimalistes et répétitifs, semblant faire preuve d’une certaine facilité. La jeune réalisatrice semble avoir par contre d’excellents goût musicaux puisque la première partie était accompagnée (ou accompagnait) d’une musique de Boards of Canada, tandis que la suite était composée par Beaumont Hannant.
Le dernier film, Charlemagne 2 : Piltzer est réalisé par Pip Chodorov. Musique minimaliste et répétitive de Charlemagne Palestine, sur laquelle est calqué le film en alternant 2 couleurs opposée au même rythme que la musique. Dommage que l’idée soit plus intéressante que le résultat.

Découvertes #5

Encore un programme copieux avec pas moins de 12 films vidéo. En guise de générique, un clip de Readymade réalisé par François Vogel : un hall d’immeuble dans lequel navigue la caméra dans de grand mouvement de rotation, donnant une vue à 360° de la pièce, dans laquelle se déplacent des personnages dans des vignettes qui vibrent en fonction du rythme. Moins original, on verra également un clip d’Etienne de Crécy, réalisé par son frère Geoffroy de Crécy. Très musical également, Free Dub 1, sous titré L’animal est un homme doué de raison, mêle musique techno et images de guerre, journaux télévisés, discours politique pour en faire un manifeste pour la paix.
Dans la catégorie humour, on retiendra Telling Lies de Simon Ellis. Juste un texte et des voix, l’humour étant basé sur le décalage entre ce que les gens disent (la voix) et ce qu’ils pensent réellement (ce qui est écrit à l’écran). Quand il s’agit d’un jeune homme qui a trompé sa copine, et que celle-ci l’a elle même trompé avec son meilleur copain, les mensonges vont bon train, et le spectateurs en a pour son compte.
Enfin, dans les films non narratif on s’attardera sur Trembling Time de Yael Bartana qui fige le temps en arrêtant les voitures sur une autoroute avec des effets spéciaux très fins, et surtout Oversight de Gérard Caraishi (cf. Découvertes #1). On retrouve l’ambiance bucolique, une très belle musique, mais celui-ci est plus démonstratif même si toujours aussi poétique.

Découvertes #6

Ce programme commence très fort avec Do You Have the Shine ? de Johan Thurfjell. L’introduction met le spectateur en situation et nous présente un petit garçon qui se ballade en tricycle dans les couloir vides d’un hôtel. Celui-ci à le dont de voir l’avenir, et il a deux soeur qui sont là pour l’emmener du côté obscur. Il ne doit absolument pas les regarder, et fermer les yeux avant de les voir. Maintenant, nous sommes ce petit garçon. On ne doit pas voir les deux soeurs, on doit franchir 15 intersections, mais on a le droit de fermer les yeux seulement 10 fois. Vue subjective avec images de synthèse, présenté comme un jeu vidéo ou un film interactif, ce premier film est effrayant a grand renfort de décibels. Il fera sont effet ce soir en tout cas.
Pour reprendre nos esprits, un superbe documentaire sur un centre commercial filmé la nuit. Vide, mort, froid, seuls quelques clochards hantent les lieux, puis les sociétés de ménage au petit matin. Jolie photos, chouettes cadrages, belle musique pour ce Winkelhart (Night at the Mall) de Ben Van Lieshout. Autre film étonnant, Le Grand Tango de Pieter Jan Smit se « contente » de filmer pendant 11 minutes le visage d’un violoncelliste. Celui-ci apparaît et disparaît de l’écran en fonction de la tension du morceau, il se déforme, se contracte suivant les émotions qu’il suscite, et que le réalisateur nous fait partager.

Découvertes #7

Dernière séance "découvertes" avec 13 court-métrages et une programmation toujours aussi variée et des films souvent surprenant. Ca commence bien avec Storm de Claire Langan qui filme en accéléré le ballet des nuages, ceux-ci faisant parfois penser à des vagues. Humour ensuite avec le superbe Fifty Percent Grey de Ruairi Robinson réalisé en image de synthèse, dans lequel un homme apprend qu’il est au paradis. Sa réaction est étonnante et va le mener en enfer. Différent mais également très amusant, Les Doubres de Laurent Vicente et Thomas Bernardet met en scène deux skateurs sans leurs moyen de transport. Ceux-ci simulent à merveille la gestuelle des surfeurs urbains, suivie par les mouvements de caméra qui vont avec.
Dans le registre abstrait et expérimental, Cubica de M.Ash ressemble à un économiseur d’écran dans lequel des cubes progressent dans un espace en trois dimensions au rythme d’une musique minimaliste, tandis que Scratch de Christoph Girardet nous la joue rétro avec des petites boucles centrées sur une platine vinyle. Le disque semble tourner normalement, et seul le mouvement d’une personne en fond de scène permet de déceler le trucage.
Pour finir cette sélection était également sous le signe de l’engagement, politique ou social. Pascal Lièvre chante une parodie de Money, Money, Money dans Abba Mao tout en se peignant le visage en rouge. Il nous montre ensuite dans I Love America que les heures de gloire de celle-ci sont bel et bien du passé. Encore les Etats-Unis dans Vision Test de Wes Kim, pour nous ouvrir les yeux et enfin plus près de chez nous, Un Tapez Deux Symphony de Patrick Volve sur les joies des Assedic.... Un séance très animée, riche, qui clôturait le festival en montrant toute la richesse de cette programmation.

Fabrice ALLARD
le 01/02/2003

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