Michael Snow

 date du concert

25/10/2002

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 tags

Centre Pompidou / Michael Snow

 liens

Centre Pompidou

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Du 25 octobre au 2 janvier, le Centre Pompidou met Michael Snow à l’honneur avec l’exposition Instants Snow. Artiste pluridisciplinaire (peinture, cinéma, photographie, sculpture, etc...) touchant également à la musique en solo ou au sein du collectif canadien CCMC qui se produisait ici même en début de mois (Lire la chronique).

La grande salle du Centre Pompidou où se déroulent tous les concerts n’est que peu remplie pour ce concert où seuls quelques connaisseurs semblent avoir fait le déplacement tandis que nous sommes ici pour découvrir la musique de Michael Snow. La scène est logiquement occupée par un piano à queue, imposant mais seul.
Le programme se compose de deux parties d’environ 30 minutes, avec Transmettrai pour commencer, puis Réflexion après un entracte de 10 minutes.

Michael Snow fait son entrée sous les applaudissements, prend place, et semble prendre ses marques : deux notes espacées de long silences pour débuter, et très rapidement ce sont des phrases mélodiques courtes qui s’enchaînent, dérangées tantôt pas une avalanche de notes, d’accords secs, tantôt par un long silence. Ce changement de rythme intempestif est fort séduisant, crée une musique mouvementée et l’on aura même parfois du mal à suivre, notre attention mise à rude épreuve ayant tendance à se relâcher.
Parfois le temps semble s’arrêter, Michael Snow fait un plan fixe sur un ensemble de notes, un accord, ou même une note seule qu’il va jouer à répétition. Le musicien est complètement habité par sa musique, et on a même l’impression de l’entendre chantonner pendant qu’il joue, comme un accompagnement.

Dans la deuxième partie, il commencera par mettre une main dans le corps du piano, semblant retenir les cordes pour en sortir des sonorités nouvelles, très proches d’une guitare, mêlant ces sons à ceux plus clairs du piano qui prend le dessus petit à petit jusqu’à l’abandon des sons de guitare. Les idées s’enchaînent, plus originales les unes que les autres, avec le bruit des touches du piano (sans que les cordes ne soient frappées), une cascade de cliquetis imitant un bruit de pluie, des répétitions de notes très graves et très aiguës jouées en choeur.
Si en milieu de morceau l’originalité semble moins présente, les mains de l’artistes donnent l’impression de voler au dessus des touches tellement son jeu est rapide et précis avec de grands aller-retour entre les graves et les aiguës.

Une musique très riche, parfois peut-être difficile à suivre, mais un musicien étonnant que l’on était très heureux de découvrir sur scène.

Fabrice ALLARD
le 07/11/2002