Festival International du Film de Locarno 2004 - Courts-Métrages

 réalisateur

Pascal Rambert

Diego Lerman

 date

du 04/08/2004 au 14/08/2004

 tags

Diego Lerman / Pascal Rambert

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À côté des nombreux longs-métrages (à ce sujet, le Festival semble être arrivé au stade limite de son expansion, tellement il est difficile de choisir sa projection et de jongler entre toutes les sections) en partie évoqués par ailleurs, le Festival International du Film de Locarno propose, au sein de ses différentes sections (Cinéastes du Présent, In Progress), plusieurs courts-métrages, allant même jusqu’à y consacrer une section toute entière : Léopards de Demain.

Intégré à Cinéastes du Présent, Twisted Tango des Italiens Tommaso Cardile et Fransesco Carrozzini ne semble avoir été tourné que pour donner en spectacle, pendant six minutes, le corps d’Eva Herzigova plongeant dans l’onde, en ressortant, se séchant au soleil et prouvant que son maquillage est bien water-proof ; le reste (un risible rêve récurrent où elle se voit danser - plutôt mal d’ailleurs - le tango avec le rockeur FM Bryan Adams) n’ayant strictement aucun intérêt.

Également présenté dans la section Cinéastes du Présent, Quand nous étions punk nous permet de retrouver, à la réalisation, le metteur en scène Pascal Rambert dont nous avions tellement apprécié la pièce Paradis (Un Temps à Déplier), vue en janvier dernier au Théâtre National de la Colline. Pour ce qui semble être sa première réalisation cinématographique, l’artiste s’est entouré d’une équipe technique de haut vol (Caroline Champetier à la photo et Yann Dedet au montage) afin de mettre en image (mais pas en mots, les dialogues étant quasiment absents) l’histoire d’un garçon qui va chercher une fille à Roissy avant d’aller faire l’amour au Sofitel de l’aéroport et qu’elle reprenne l’avion retour vers New-York. Intensité des étreintes, beauté de l’entremêlement des corps vus comme matière plus que comme enveloppe charnelle et recherche perpétuelle du tout esthétique inscrivent véritablement ce court-métrage dans l’œuvre cohérente et captivante de Pascal Rambert.

Dans la section In Progress, nous assistons à la projection de Site Specific_Roma 04, brillant court-métrage sans dialogues de l’Italien Olivo Barbieri qui, pendant une douzaine de minutes, nous présente la Ville Éternelle vue de haut. Toutefois, le doute s’installe rapidement : est-ce bien la véritable Rome que nous survolons ou n’est-ce qu’une maquette comme celle que réalisent les architectes ou les historiens ? Distillant indices dans un sens (ces gens qui arpentent le Forum ne peuvent être que réels) ou dans l’autre (ces arbres entourant le Colisée semblent bien factices), le réalisateur nous laisse dans cet état de perplexité jusqu’au générique final où des pilotes d’hélicoptère sont crédités, validant, a priori, la thèse de la réalité (à moins que ce ne soit qu’une ultime pirouette ?).

Retour à Cinéastes du Présent avec Après mûre réflexion, première réalisation de la Française Mia Hansen-Løve, actrice déjà aperçue dans les films d’Assayas. Souhaitant annoncer sa rupture avec leur mère, sa rencontre avec une nouvelle femme et son départ imminent du foyer familial, Jacques, la cinquantaine, déjeune avec sa fille et son fils, jeunes adultes, à destination desquels il a préparé un discours très argumenté ; cependant, les questions et réflexions de ces derniers vont enrayer son beau plaidoyer, l’amenant jusqu’au doute. Réduisant son dispositif scénique à des successions de champ/contre-champ, la cinéaste concentre notre attention sur les dialogues et la manière dont ils s’enchaînent, signant là un premier essai fort intéressant dont on attend la suite avec impatience.

Deux ans après avoir été découvert et primé ici-même avec le formidable Tan de Repente, Diego Lerman revient dans le Tessin mais avec un court-métrage : La Guerra de los Gimnasios. Parodiant allègrement les films de triades, le réalisateur argentin fait se confronter ninjas et kamikazes dans une histoire de règlement de comptes entre clubs de fitness. Délibérément détaché et ouvertement désinvolte, ce film d’une trentaine de minutes, dans un genre très différent de Tan de Repente confirme tout le bien que l’on pensait de son auteur.

François Bousquet
le 17/08/2004

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