Zéro Degré

Des étoiles plein les yeux

(Le Kit Corporation, We Are Unique Records / La Baleine)

 date de sortie

01/04/2009

 genre

Electronique

 style

Electronica / Folk / Pop

 appréciation

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Le choix (MP3 complet)

 tags

Electronica / Folk / Le Kit Corporation / Pop / We Are Unique Records / Zéro Degré

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Zéro Degré
Le Kit Corporation
We Are Unique Records

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Il y a tout juste quatre ans, on chroniquait Les écrans, le précédent EP de Zéro Degré, enrichi de quelques remixes. Il aura donc fallu quatre ans à Nicolas Tochet, bassiste au sein de Melatonine, mais aussi derrière le projet electro-hip-hop Menuet avec ses amis de label Tohu Bohu et Dr Geo, pour accoucher de cet album qui regroupe des pièces dont l’écriture a logiquement été étalée dans le temps.

Pour autant, Des étoiles plein les yeux reste tout à fait cohérent et nous permet de retrouver ce projet plus personnel, soit disant entre folk et electronica pour faire court. L’utilisation de l’électronique permet à Nicolas d’explorer différents style, de partir sur des échafaudages technoïdes sur La lie de la société ou de construire des boucles rythmique que l’on rapprochera du trip-hop sur le morceau titre. Du côté de l’acoustique, la base folk peut prendre des tournures plus pop ou rock, avec une économie de moyens qui confère au final de Des étoiles plein les yeux un côté brut et éraillé, à cœur ouvert.
On vous épargnera le "Zéro Degré" fait une musique froide. La musique de Nicolas Tochet touche à l’intime, à l’humain, et on aura du mal à y voir une certaine froideur. Par contre oui, ça ne respire pas le bonheur, les ambiances y sont brumeuses, l’atmosphère généralement pesante, en grande partie à cause d’un tempo, des rythmiques lentes, lourdes, qui semblent s’écraser sous le poids de l’infortune. On est d’abord amusé par l’ouverture (Intro (copier-coller)) avec une phrase, "Plutôt que de recommencer la même chose à chaque fois, pourquoi ne pas faire un simple copier-coller, de nos gestes, de nos idées, qui de toute façon ne changent pas ?", jouée en boucle, faisant elle-même l’objet d’un copier-coller. La voix n’a pas changé, toujours parlée plutôt que chantée, continuant à nous rappeler le travail de Encre, tant dans le phrasé que dans les propos, doux-amers. Des guitares délicates, des accompagnements électroniques discrets, comme issus d’une electronica raffinée (Par temps de neige), un archet qui semble tomber sur les cordes d’un violoncelle (Le choix) et des boites à rythmes carrées qui tendent souvent à faire décoller le tout, à redonner vie alors que tout semblait s’éteindre.
Ce sont aussi les amis qui apportent un nouveau souffle avec leur chant, contribuant à la touche pop. On commence tout en délicatesse et fragilité avec Angil sur l’étrangement nommé The Unsung Song, nous donnant des frissons sur un final a capella, puis Cascadeur, d’une voix douce et feutrée que l’on croirait parfois féminine sur Alone, marqué de petites notes de glockenspiel et laptop qui hoquète, tandis que Chapelier Fou apporte sa contribution au violon sur Une boule dans la gorge. Il y a enfin l’apport de l’électronique qui, généralement discrète, transforme le dépressif La Lie de la société en une véritable petite bombe technoïde, de quoi vous mettre des étoiles... plein la tête !

Un album inclassable, bien moins folk qu’on ne pouvait s’y attendre, mais qui trouve justement son équilibre dans le mélange des genre.

Fabrice ALLARD
le 28/08/2009

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