Carl Stone - Les Hauts de Plafond - Satoru Wono - Yuko Nexus6

 date du concert

08/11/2002

 salle

Batofar,
Paris

 tags

Batofar / Carl Stone / Les Hauts de Plafond / Satoru Wono / Yuko Nexus6

 liens

Les Hauts de Plafond
Carl Stone
Yuko Nexus6
Satoru Wono
Batofar

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Rendez-vous mensuel au Batofar pour une soirée Infamous Labels dédié au label girondin Sonore, largement tourné vers les nouvelles musiques venues du pays du soleil levant. Si nous sommes là ce soir c’est aussi pour voir Carl Stone en live alors qu’on l’avait connu pour ses travaux sur feu Em:t.

On sera aussi agréablement surpris de voir Les Hauts de Plafond que nous n’avions pas vu depuis bientôt trois ans, et qui débutent la soirée devant un public très nombreux en ce vendredi soir. Au niveau de la construction des morceaux, pas de grands changements à signaler : de nombreux collages de sons, ambiances, mélodies, voix d’origines diverses, toujours assemblés avec style et créant ainsi une musique nouvelle, hybride, aux évocations fortement poétiques où les voix semblent avoir pris une importance nouvelle.
Il faut dire qu’avec tout son attirail, son décors, le groupe nous projette assez rapidement dans son univers joyeusement bordélique. Le groupe isolé derrière un voile qui englobe toute la scène navigue entre ses instruments, des machines magiques, ses éclairages, nous montre des feuilles sur lesquelles sont imprimés les titres des morceaux avant de les laisser tomber par terre.
Bref un très bon concert, et un réel plaisir à les revoir sur scène.

Le temps de débarrasser tout cet attirail, et Satoru Wono enchaîne. Le voile qui englobe la scène est toujours présent et une grande table sur laquelle trône des laptop a été installée en fond de scène. Le jeune japonais s’avance au bord de la scène, juste derrière la voile et brandit un sampler. Il nous fait écouter quelques sons, très aigus, très grave, alterne les deux et construit un squelette ultra-minimaliste et brut. Celui-ci évolue, de nouveaux éléments prennent place, il construit une boucle à partir de la basse, et petit à petit la musique prend forme jusqu’à devenir un mélange entre bleep et drum’n bass devant un public qui appréciera la performance.
Il jouera deux autres morceaux sur le même principe, le dernier incluant des samples de voix, pour un concert d’un peu plus d’une demi-heure. C’était la grosse surprise de la soirée.

Yuko Nexus6 enchaîne sans tarder pour ce qui sera le passage le plus expérimental de la soirée. Son ordinateur commence par la présenter et annonce qu’elle va lire un texte, ce qu’elle fait, en japonais, puis en français, son laptop lançant de façon aléatoire des craquements et autres souffles numériques. Elle repasse ensuite ce texte qu’elle vient d’enregistrer sur un dictaphone et l’utilise comme une platine vinyle, produisant des scratches en s’amusant avec les touches d’avance et recul rapide, jusqu’à rester sur une boucle. D’autres bribes de dialogues, des phonèmes viennent s’ajouter en couches successives pour former une musique magnifique et hypnotique mais qui entre temps aura provoquer la fuite d’un bon nombre de spectateurs.

Il sera pas loin d’1h quand Carl Stone prendra place sur scène, devant un public malheureusement restreint ce qui ne nous empêchera pas, bien au contraire d’apprécier sa performance. Il commence très calmement avec des nappes métalliques puis prendront place une boucle rythmique et mélodique aux tonalités légèrement world, bientôt remplacé par des samples de voix que l’on devinera être des chants aborigènes qui seront découpés, tronqués et mis en boucle avec des points de début et fin de boucle mobiles, provoquant de lentes évolutions dans le morceau qui prendra le temps de se développer. De toute beauté.
A notre grand regret, le second quart d’heure ne sera pas aussi intéressant puis qu’il tiendra plus de la pop-house de Luomo que de l’expérimentation ambient. Certes pas désagréable, cette house de qualité (on serait heureux si ce type de musique passait en club) tombait ici un peu à plat et sonnait un peu faux de la part de ce "pionnier de l’informatique musicale".

Fabrice ALLARD
le 20/11/2002

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