Gregg Kowalsky / Liberez ! / FabriqueDeCouleurs

 date du concert

10/09/2009

 salle

Rigoletto,
Paris

 tags

Ali_Fib / FabriqueDeCouleurs / Gregg Kowalsky / Liberez ! / Rigoletto

 liens

Gregg Kowalsky
FabriqueDeCouleurs
Liberez !
Ali_Fib
Rigoletto

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Une bien belle soirée était programmée ce soir au Rigoletto, nous permettant de revoir FabriqueDeCouleurs, perdu de vue depuis un peu plus de quatre ans et son passage à Présences Électronique, de découvrir sur scène Liberez ! après avoir parlé d’eux à l’occasion de leur participation à la compilation Err on the Good Side du label franco-suisse Three:Four Records, et de voir l’une des rares prestations scéniques de Gregg Kowalsky qui vient de sortir son deuxième album chez Kranky.

On commencera avec Emmanuel Allard (absolument aucun rapport avec le rédacteur de cette chronique) et son projet FabriqueDeCouleurs qu’il mène depuis au moins 8 ans. On s’attendait vraiment à un set bruitiste, et force est de constater que le style de l’artiste a quelque peu évolué. Jouant au laptop, FabriqueDeCouleurs débute de manière plutôt minimaliste, avec de jolies sonorités, basses claquantes, mises en boucle, et évoluant doucement. Régulièrement la matière première change, mais le principe reste bien souvent le même, répétant des boucles au sein desquelles s’immiscent de subtils accidents. Cette suite de constructions similaires provoquera malheureusement un certain ennui après quelques itérations de la même veine.
Finalement le ton finit par se durcir un peu avec quelques passages de drones saturés qui contrasteront avec un étonnant final d’ambient soyeuse histoire de conclure de fort belle.

On enchaîne avec Liberez ! qui débutent alors que le public n’est pas forcément revenu de sa pause bière-clope. Avouons-le de suite, la musique de Liberez ! est un peu moins dans notre registre que les autres artistes présents ce soir, avec en particulier une approche plus rock. Batterie, guitare et violon, avec ce soir en plus une jeune femme au chant et mélodica. Un jeu répétitif et puissant, mécanique et entêtant du batteur, sur lequel le violon semble faire preuve d’une liberté impertinente, des pauses rythmiques qui font preuve d’une ouverture sur l’improvisation, et une voix, croisement entre cri et vocalise dans les passages rythmiques, spoken word passé à la moulinette du delay lors des phases les plus calmes. On retrouve le son de leur morceau sans titre de la compilation Err on the Good Side, avec des percussions fracassantes flirtant avec la saturation pour un résultat quasi industriel, des ambiances lourdes.

On terminera la soirée avec Gregg Kowalsky, assistant tout d’abord à l’installation de son matériel. La scène est quasiment vide et il place à divers endroits de la salle des postes de radio et magnétophones. Il s’agira de l’une de ses performances de type Tape Chants sur lesquelles il travaille depuis 2006 environ, consistant en un empilement de couches sonores. La matière première varie d’un concert à l’autre, allant de boucles de percussions aux drones, à la manière de son dernier album. C’est également dans cette veine qu’il se produisait ce soir, commençant par allumer chacun des appareils, se frayant un passage dans le public pour atteindre chacun d’eux. Petit à petit, on se fait envelopper par ces nappes de drones oscillants, invitant à la méditation. La performance est minimale, et c’est là un des problèmes de ce type de concert où chaque magnétophone diffuse sa musique de façon autonome, à la rigueur sans la moindre intervention de l’artiste, se rapprochant du coup de l’installation. L’américain revient sur scène, procède à quelques ajustements sur sa console de mixage, vient changer parfois les cassettes, ajoutant quelques pulsations rythmiques, et termine ses va-et-vient en faisant tinter une cloche qui répondait parfaitement aux enregistrements. _Malheureusement son ballet incessant entre scène et ses divers magnétophone venait casser la sérénité que suscite une telle musique, et on ne profita pas de ce concert à sa juste valeur. On repartira donc avec l’album, afin de profiter de la même musique chez soi, dans une atmosphère plus propice.

Fabrice ALLARD
le 12/09/2009

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