Festival Tout Feu Tout Flamme : Benoit Pioulard

 date du concert

12/11/2009

 salle

Comptoir Général,
Paris

 tags

Benoit Pioulard / Boss Kitty / Comptoir Général / Heritage

 liens

Benoit Pioulard
Boss Kitty
Comptoir Général

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Espace événementiel ouvert début 2009 sur les bords du canal Saint-Martin, le Comptoir Général a vocation à accueillir conférences et ateliers, tables rondes et résidences, le tout dans une ambiance très « développement durable » (tri sélectif, panneaux photovoltaïques, récupération des eaux de pluie, utilisation prioritaire de recyclé, de bio…). Mais le lieu peut également se faire l’hôte de soirées musicales comme en ce jeudi soir où Boss Kitty, Héritage et les Boutiques Sonores proposaient un mini-festival, joliment intitulé Tout Feu Tout Flamme et annoncé comme « acoustique lo-fi et expérimental ».

Acoustiques, les deux premiers sets le furent puisqu’ils virent se succéder deux jeunes hommes agissant dans le dépouillement de la formule guitare acoustique jouée en finger-picking/voix : Thos Henley et Thomas Méry. Langue et timbre différents (l’Anglais disposant d’une voix claire montant fréquemment dans les aigus quand le Français se faisait plus marmonnant), mais même sensibilité dans les compositions et réussite dans l’entreprise. Net décrochage de niveau ensuite avec le duo parisien Deux Fois Deux Fois et Rach Three : chant accumulant les fausses notes, guitare acoustique affligeante de banalité et effets (guitare électrique à l’e-bow, samples, concours d’un harmonium) inopérants.

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Benoit Pioulard

Arriva après l’intervention qui avait principalement motivé notre déplacement, celle de Benoit Pioulard qui effectuait là sa première tournée européenne. Muni d’une guitare électrique et de plusieurs pédales d’effets, le musicien allait enchaîner, dans une prestation jouée d’une seule traite, passages chantés et moments instrumentaux, jeu à la guitare et trituration des potentiomètres. Nécessairement moins variée que sur disque, sa palette instrumentale le conduisit à proposer des pièces ambient-folk traversées par des accords de guitare qui, progressivement, emplirent tout l’espace. Bien que le traitement de sa voix (réverbération et filtre) fut le même sur tous les morceaux, l’alternance entre titres chantés et instrumentaux écarta toute forme de répétition. Assis en tailleur à l’avant de la petite scène, en face d’un public qui s’était progressivement rempli jusqu’à attendre un nombre tout à fait convenable, l’États-unien laissait ainsi voir des projections diffusées derrière lui. Malheureusement, comme souvent avec ce type de travail, on regretta une certaine facilité consistant à montrer des vidéos un peu nostalgiques (films des années 1950, images d’une forme de bonheur familial), surlignant exagérément la dimension mélancolique de la musique de Benoit Pioulard (à quand un musicien qui osera prendre le contre-pied et passer des scènes de gunfight sur ce type de compositions ?). Pour autant, on tint là un très bon concert, confirmant, peut-être même davantage que ses enregistrements discographiques, les espoirs placés dans le compositeur de Portland.

Pour terminer, les organisateurs avaient convié Tickley Feather, musicienne de Virginie accompagnée de deux compères (guitare et clavier). Avant même le début de sa prestation, on avait compris de quoi il s’agissait en la voyant pieds nus avec nœuds et rubans dans les cheveux : énième exercice de folk naïvement décalé, gentiment agrémenté de petites rythmiques, proche de la nature dans sa conception mais baignant en vérité dans une douce affectation que les mouvements de bras et minauderies d’Annie Sachs ne vint que renforcer. Au bout de trois morceaux, tout ce cinéma ne cessant pas, les compositions ne nous touchant guère et le guitariste n’ayant toujours pas réussi à régler correctement son ampli (on entendait davantage le son de son médiator sur ses cordes que le résultat censément produit), on laissa là le Comptoir Général.

François Bousquet
le 13/11/2009

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