Lucky Dragons / Aymeric Hainaux / Peace on Earth

 date du concert

29/09/2009

 salle

Espace En Cours,
Paris

 tags

Aymeric Hainaux / Boss Kitty / Espace En Cours / Heritage / Lucky Dragons

 liens

Lucky Dragons
Aymeric Hainaux
Boss Kitty

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Une nouvelle soirée Boss Kitty cette fois aidé de Heritage, autre structure dédiée à l’organisation de concerts sur Paris. Au niveau du programme, on se déplaçait ce soir en particulier pour revoir les Lucky Dragons que l’on avait pas vu depuis un petit moment, et on en profiterait pour revoir également Aymeric Hainaux que l’on avait vu une seule fois jusque là, justement lors d’une soirée Boss Kitty. En guise d’ouverture, et seul artiste inconnu de la soirée, se produisait l’anglais Peace on Earth.

Peace on Earth donc, un nom un peu cliché, d’autant plus que William Hesketh était présenté comme étant dans la lignée de Terry Riley, mais passons. L’anglais était équipé d’un clavier Casio et de pédales d’effets et boucles, soit une économie de moyens qui fut à l’image de sa performance, minimale et approximative, erreurs de jeunesse ou réel manque de pratique penserons-nous. Un peu dommage que ce soit raté visuellement car sa musique avait un certain charme. Boucles électroniques douces et flottantes, ambiances bucoliques et hypnotiques, échafaudage rythmique chaotique et envolées de claviers soyeux. Une prestation scénique en demi-teinte, mais on prêterait volontiers l’oreille à une production enregistrée.

Une petite pause et on passe à Aymeric Hainaux que l’on découvrait un an et demi plus tôt à Mains d’Œuvres aux côtés de James Blackshaw et White/Lichens. A l’époque on était un peu au fond de la salle, et là on était au premier rang dans une salle par ailleurs bien remplie, et cette petite différence est peut-être responsable d’un sentiment nouveau vis à vis de la prestation du Français. On y retrouvait les séquences de human beatbox qui nous paraissaient ici moins démonstratives mais toujours très efficace, voire impressionnantes lors d’un passage technoïde en milieu de set. Mais ce que l’on retiendra surtout ce soir, c’est une approche poétique et pleine d’humour qui s’inscrit dans une performance relativement théâtrale, deux éléments qui ne nous avaient pas autant marqué la première fois. De la poésie dans ses séquences à l’harmonica, ou mieux harmonica et voix en simultané, mélodique, minimal, touchant. Humoristique ensuite quand il mime un petit personnage avec ses doigts, chaque coup de percussion marquant les pas de cette figurine invisible, venant jouer avec le public en grimpant sur les jambes, les bras, la tête, les épaules pour sauter tel une puce sur quelqu’un d’autre, racontant la peine qu’il peut avoir à grimper une colline rien qu’en changeant le ton et le tempo de sa rythmique vocale. Une superbe prestation et un artiste que l’on aura plaisir à revoir puisqu’à chaque fois son set évolue doucement, s’affine, donnant l’impression de suivre un "work in progress".

À chaque fois que l’on a pu voir "les" Lucky Dragons, le seul et unique dragon chanceux était accompagné de quelques amis artistes, donnant l’impression d’avoir affaire à un collectif. Ce soir il était seul pour un set très centré sur la musique. Habitué à intégrer le public dans ses prestations, la configuration change un peu puisque les spectateurs sont invités à se placer tout autour de l’artiste. Accroupi à même le sol avec un laptop et un projecteur diapo posé sur un carton, Luke Fischbeck met en place ses éléments, diverses strates de boucles hypnotiques et bucoliques, quelques bribes vocales aussi, le tout dans un esprit très cool, au sens "ce soir on va ouvrir nos chakras". Puis il nous tend des petits bâtons à secouer, reliés à sa table de mixage, et voici votre serviteur en train de jouer des maracas pour les Lucky Dragons. C’est ensuite des CD-R qu’il distribue, invitant le public à les faire tournoyer devant le faisceau lumineux du projecteur diapo et là, oh surprise, la coupure du faisceau produisait une modulation de certains sons. S’ensuit alors un long passage bien sûr improvisé et véritablement psychédélique, avec une salle plongée dans le noir et sur les murs et plafond des reflets virevoltants et multicolores des CD en mouvement. Magique et féérique, le set durera une trentaine de minutes avec là aussi un artiste qui ne nous à jamais déçu.

Fabrice ALLARD
le 19/11/2009

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