Sauvagerie Domestique

 date

du 19/11/2009 au 09/01/2010

 salle

Galerie Édouard-Manet,
Gennevilliers

 appréciation
 tags

David Renggli / Galerie Édouard-Manet / Gitte Schäfer / Katinka Bock / Oscar Tuazon / Sophie Dubosc

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Avec ce titre en forme d’oxymore, Anne Bonnin, commissaire invitée par la Galerie Édouard Manet de Gennevilliers et qui avait notamment opéré début 2009 pour l’exposition Pragmatismus & Romantismus à la Fondation Ricard dans laquelle on retrouvait déjà ce souci de faire cohabiter les contraires, annonce vouloir s’attacher à cet espace quotidien qu’est la maison.

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Katinka Bock - Terrassenlandschaft
(courtesy Galerie Jocelyn Wolff)

Pour ce qui est aussi bien un lieu de vie qu’un endroit de contraintes, certains artistes font le choix de recréer, au sein du white cube de la Galerie Manet, quelques parties ou éléments constitutifs de ce foyer. Katinka Bock dispose ainsi des surfaces en cuir noir à la manière d’une terrasse en niveaux (Terrassenlandschaft, Oscar Tuazon construit une paroi faite d’acier, de verre, de plexiglas, de treillis métallique, de fibre de verre, de plastique bulle, de silicone et de fil de fer (Glassed Slab) et David Renggli peint un ensemble de plusieurs murs formant un mini-dédale (Lass uns doch kapitlistenschweine werden #11). Approche plus métonymique (le matériau de construction comme métaphore de l’habitat) pour James Angus qui part du béton pour faire une sculpture aux multiples cônes semblables à des pavillons sonores (Concrete Cloudburst).

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David Renggli - Strippen für Piepen (Stripped Bike I)
(courtesy Galerie Chez Valentin)

Dans un geste artistique assez traditionnel, mais qui trouve toute sa place ici, plusieurs créateurs optent pour un réinvestissement, voire un anoblissement, d’objets domestiques. À ce titre, Sophie Dubosc joue sur l’anthropomorphisme d’une chaise affublée de ficelle en guise de poitrine (Harpie), Gitte Schäfer aplatit une boîte en bois (Carlos) et David Renggli désosse et chrome un cadre de vélo et son antivol en U (Strippen für Piepen (Stripped Bike I)). Au-delà de leur réussite purement plastique, ces démarches trouvent de surcroît une certaine résonance en cette période où la question du logement revient comme chaque hiver et à laquelle les objets domestiques sont l’un des cadeaux rituels de ces fêtes de fin d’année.

François Bousquet
le 30/12/2009

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