Nicolas Bernier + Jacques Poulin-Denis

Sur Fond Blanc

(Ekumen / Metamkine)

 date de sortie

00/05/2009

 genre

Electronique

 style

Ambient / Musique Concrète

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Pri (MP3 complet)

 tags

Ambient / Ekumen / Jacques Poulin-Denis / Musique Concrète / Nicolas Bernier

 liens

Nicolas Bernier
Ekumen
Jacques Poulin-Denis

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On avait été franchement bluffé l’an dernier par la beauté et la finesse de Les Arbres, album solo du Canadien Nicolas Bernier paru chez No Type. Un an plus tard, il revient avec Jacques Poulin-Denis avec qui il travaille depuis 2006, tous deux étant membres du label-collectif Ekumen chez qui on retrouve notamment Olivier Girouard ou Milliseconde Topographique.

Comme pour l’album solo de Nicolas Bernier, la musique du duo est une superbe fusion de musique concrète et d’electronica-ambient. Le sujet se prête d’ailleurs tout particulièrement au calme : Sur fond blanc se veut un territoire vierge au sein duquel sont parsemés quelques éléments concrets que l’auditeur devra s’approprier, plaquer ses propres émotions, sentiments, idées, souvenirs, un peu comme un nouvel appartement que l’on habille, alors qu’il est encore marqué des vies qui s’y sont déroulées. Les titres des 11 morceaux qui composent l’album semblent d’ailleurs eux aussi aller dans ce sens, titres de trois lettres que l’on pourra s’amuser à compléter : Pri, Olo, Len, Loa, etc...
On retrouve donc de nombreux sons concrets, manipulés comme on l’aimait déjà sur le précédent album de Nicolas Bernier, créant de brusques cassures qui servent assez souvent de transition entre deux pistes. Froissage métallique, claquement de porte, sirènes, ces élans soniques permettent le passage d’une pièce à l’autre en repartant sur une base neutre. Ensuite ce sont de nombreuses nappes et drone qui contribuent à cette impression de virginité, de pureté, de vide et d’amplitude, sans que l’on ne ressente pour autant la moindre froideur. Les espaces sont subtilement habités, régulièrement on entend des murmures, récits, bribes de vies venant de toute part comme des rémanences de contes pour enfants, secrets et souvenirs, en jouant sur la stéréo sur Olo, ou flux verbal et tension explosive sur Len. On ne saurait dire pourquoi ni comment, mais le traitement des voix, rendues feutrées et lointaines, intrigue. On hésite entre une communication avec des astronautes de la NASA sur Tro, et l’enregistrement de fantômes dans un château écossais sur Sau, alors qu’elles parviennent à créer au final une certaine intimité avec l’auditeur.
Doucement, le temps passe, marqué par la régularité de bleeps cliniques sur Sau, les délicieux claquements de basse du fragile et précieux Mur, les tintements lumineux du doux et poétique Loa alors que la pluie crépite sur le sol, et qu’un violon semble imiter un portillon qui grince au gré du vent. Des pas se font entendre, ce sont ceux des danseurs de la compagnie O Vertigo pour qui ont été composées ces musiques, particulièrement bien utilisés sur Air où ils semblent former une rythmique. Par ailleurs le fait de ne pas trop savoir ce que l’on entend finit par envouter, à l’image du doux, lancinant et aérien Eur.

Une nouvelle fois, et cette fois en collaboration avec Jacques Poulin-Denis, Nicolas Bernier nous envoûte. No Type nous avait produit quelques disques somptueux, on va ajouter Ekumen à la liste des labels canadiens importants.

Fabrice ALLARD
le 01/01/2010

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