du 14/10/2009 au 11/01/2010
Centre Pompidou,
Paris
Centre Pompidou / Christophe Berdaguer et Marie Péjus / Didier Marcel / Loris Gréaud / Mircea Cantor / Natacha Lesueur / Raphaël Zarka / Tatiana Trouvé / Vincent Lamouroux
Depuis dix ans que cette récompense rythme l’automne des arts plastiques, le Prix Ricard a su distinguer avec justesse des créateurs qui voient l’une de leurs œuvres acquise ensuite par le Musée national d’art moderne. Dixième anniversaire, fin de la décennie, couronnement de cette collaboration : autant de raisons valables pour que le Centre Pompidou accueille une exposition regroupant les dix lauréats du Prix Ricard. Si l’on ne découvre aucun des artistes ici présents (pour les croiser régulièrement, et notamment à la Fondation d’entreprise Ricard), on est cependant ravi de retrouver des œuvres souvent passionnantes et qui bénéficient, de surcroît, d’un accrochage intelligent.

Séparé en deux parties, l’espace consacre une moitié (celle aux murs noirs) aux constructions et édifices, ces sortes d’archipels que le titre de l’exposition convoque. La structure en acier de Didier Marcel, représentation miniature d’une tour de trente-deux étages, peut ainsi tourner sur elle-même tandis que la formidable sculpture au néon de Vincent Lamouroux dialogue avec le 7ème Continent de Christophe Berdaguer et Marie Péjus, dispositif entre vaisseau spatial et découpe longitudinale d’une planète à anneau. Au-delà de cette interprétation futuriste, cette pièce sonne aussi comme un retour à la préhistoire en tant qu’elle renvoie à un feu qu’aurait pu allumer une tribu nomade et instaure alors une conversation subtile avec le Cosmos de Boris Achour, grosse tête aux allures de personnage de BD mais également de poterie « arts premiers ».
Dans l’autre partie, aux murs blancs, un échange se met en place entre le Padova de Raphaël Zarka et sa forme géométrique très étudiée et le Polder de Tatiana Trouvé, nouvel exemple de ses modules-maquettes réalisés à partir de câbles électriques, petites lampes et tiges de fer. En revanche, les photographies de Mircea Cantor et Natacha Lesueur souffrent de leur accrochage au milieu d’œuvres en trois dimensions et le travail de Matthieu Laurette (captations d’émissions télé et coupures de presse relatant la manière dont il consomme à l’œil, en bénéficiant des nombreuses promotions type « votre premier achat remboursé ») nous paraît davantage relever de l’agit-prop gentiment loufoque. Enfin, un peu à l’écart, à l’extérieur de l’espace d’exposition, le Devils Tower Satellite de Loris Gréaud, sculpture noire en forme de montagne, attend d’être déplacé, archipel en mouvement permanent.
le 03/01/2010