Bertrand Gauguet / Franz Hautzinger / Thomas Lehn

Close Up

(Monotype Records / Metamkine)

 date de sortie

10/06/2009

 genre

Jazz

 style

Improvisation / Free

 appréciation

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3 MP3 (extraits)

 tags

Bertrand Gauguet / Franz Hautzinger / Free / Improvisation / Monotype Records / Thomas Lehn

 liens

Franz Hautzinger
Thomas Lehn
Bertrand Gauguet
Monotype Records

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On ne présente plus Thomas Lehn, le maitre-improvisateur sur synthés analogiques et s’il se situe un peu moins dans notre registre, on a assez régulièrement croisé le trompettiste Franz Hautzinger, celui-ci collaborant avec des artistes d’univers variés, l’amenant à travailler notamment avec Ekkehard Ehlers ou Sachiko M. On découvre ici le français Bertrand Gauguet, actif depuis une dizaine d’années en tant que saxophoniste, lui aussi au sein d’une scène improvisée, et logiquement habitué des Instants Chavirés. Cet album sort sur Monotype Records, un label polonais que nous abordons pour la première fois et que l’on a un peu de mal à situer puisque l’on y trouve aussi bien l’ambient de P Jørgensen, les expérimentations d’un Francisco López ou encore les collages concrets de Lionel Marchetti.

L’album est composé de trois pièces de 12, 18 et 26 minutes enregistrées en concert dans deux lieux cultes pour ce type de musique en France, à savoir les Instants Chavirés à Montreuil, et le Théâtre du Saulcy à Metz, respectivement en février 2008 et janvier 2007. Il s’agit donc d’improvisations au sein desquelles on retrouve l’ensemble des composantes de ce type de musique quand les cuivres sont de la partie. Ils sont généralement utilisés de manière non conventionnelle, parfois atones et limités à des souffles, chuintements, flirtant avec l’audible puis s’éveillant via des sifflements aigus et crissants, jouant de concert dans un registre proche du drone, en évitant bien sûr de tenir sur la longueur, évoquant même un tuba ou une sirène de bateau quand ils descendent dans les graves. Des éléments aux contours plutôt flous qui, via l’électronique de Thomas Lehn trouvent une certaine structure, un cadre au sein duquel ils évoluent. Si parfois les synthés deviennent un peu fous ou rivalisent et se mêlent à l’acoustique, on les remarque principalement lorsqu’ils tournent en boucle, appliquant ainsi un tempo, envoyant de régulières pulsations ou oscillations. On remarquera tout de même une certaine similitude, une sorte de complicité linguistique quand l’électronique se met à produire des souffles grésillants ou que le jeu des cuivres se met à osciller, se rapprochant d’une boucle répétitive.
On quitte le détail pour prendre du recul, et on remarque l’équilibre de l’ensemble de l’album : équilibre des sonorités, justement réparties et permettant aux trois musiciens de s’exprimer équitablement, mais aussi équilibre de ton, alternant avec sagesse entre longues plages désertiques et denses éruptions soniques, calme ambiant, tensions et brèves explosions bruitistes.

Close Up permet de documenter, servir de témoignage à ces concerts, de laisser une trace de cette collaboration entre les trois hommes, et surtout donner envie d’aller les voir en concert. On reste en effet toujours un peu critique vis à vis des enregistrements de concerts d’improvisation ou musiques dites free, sorte de version light de l’évènement passé.

Fabrice ALLARD
le 13/01/2010

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