Poostosh

Herbarium

(Untime Records / Import)

 date de sortie

00/08/2009

 genre

Rock

 style

Expérimental / Post-Rock

 appréciation

 tags

Expérimental / Poostosh / Post-Rock / Untime Records

 liens

Poostosh
Untime Records

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Poostosh est une formation russe méconnue qui sort ses albums sur son propre label, Untime Records. Fondé en 2002 par Mikhail Salnikov et Andrey Kovalenko, Poostosh se lance dans des séances d’improvisations avec des amis et petit à petit le groupe trouve sa forme actuelle avec Andrey Gavrilov et Vitaly Chaplin quand le besoin de percussions se fait sentir. En effet, rien n’est figé et en fonction des morceaux, tel ou tel musicien intervient. Afin de situer un peu le groupe, on précisera que Mikhail Salnikov mène un projet solo dark ambient sous le nom de Quth, qu’ils ont sorti un album de piano solo influencé par Erik Satie, Wim Mertens ou encore Harold Budd, qu’ils éprouvent un certaine nostalgie concernant le label Editions EG (Brian Eno, Robert Fripp, Penguin Cafe Orchestra, King Crimson, Michael Nyman).

Passé cette présentation-listing d’influences, on se dit qu’en fait Herbarium c’est aussi plein d’autres choses. L’album doit son titre à sa diversité et doit être considéré comme un herbier dont chaque titre serait une feuille de plante différente. Ayant écouté quelques morceaux sur le net avant de mettre l’album sur la platine, on est surpris par le joliment nommé Overjoyed To Hear The New Poostosh Album avec des guitares très folk, un mélodica, et une voix dont on se rendra finalement compte qu’elle est extraite d’émissions TV. Le groupe allie ainsi composition acoustique et expérimentations sur samples. On pense ensuite à un croisement entre musique de film Lynchien et les Cocteau Twins sur l’évanescent Life As We Forgot It, nostalgique sur son final de piano et glockenspiel, on trouve une rythmique très marquée trip-hop sur le répétitif Rain Autumn, éléments jazz sur les jams de Leprechaun’s Gang ou Corneal Abrasion qui permettent de retrouver l’essence même du groupe. On trouve ensuite des slides de guitare évoquant le blues sur Information Pressure Doesn’t Affect An Eagle, une forme très electronica sur le fin et précis Birthnight, des petits airs tziganes, un tempo de tango sur l’enchanteur La Storia Di Un Ragazzo Che Trovo’ L’amore Ma Perse La Testa avec guitare rythmique et mélodies croisées de mélodica, ou encore un tempo dub sur le très groovy Dreamers Who Are Brooders.
Pourtant jamais l’album ne laisse une impression de fourre-tout. L’ensemble reste très cohérent, se rapprochant au final d’une sorte de port-rock expérimental, d’une post-pop instrumentale, avec régulièrement l’électronique qui vient parsemer ces pièces de bidouillages expérimentaux, de samples de radio donnant l’impression de changer de station pour partir dans une autre voie, ou encore d’effets ajoutant parfois une légère teinte psychédélique. On regrettera juste 2 ou 3 morceaux un peu plus faibles (Swallowed By Untime, Vol. 2 (Live), The Meadow Of My Infancy), qui auraient pu être évités afin d’homogénéiser la qualité de l’album.

Comme pour répondre au premier morceau, l’herbier se termine par un We’ll Be Back que l’on espère bien annonciateur d’une suite. Ici c’est piano solo, puis bleeps et expérimentations électroniques. Un bien bel album, et comme apparemment Piano Magic est fan de Poostosh, on aura tendance à conseiller Herbarium avant tout à ceux qui apprécient la formation de Glen Johnson.

Fabrice ALLARD
le 17/01/2010