Paysage Différé #02 : Thomas Tilly (Tô) / Mokuhen + Pascal Battus + StromVarx / Kasper Toeplitz

 date du concert

13/02/2010

 salle

Société de Curiosités,
Paris

 tags

Kasper T. Toeplitz / Mokuhen / Pascal Battus / Société de Curiosités / Strom Varx / Thomas Tilly / Tô

 liens

Thomas Tilly / Tô
Kasper T. Toeplitz
Strom Varx
Société de Curiosités
Mokuhen
Pascal Battus

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Ça fait un petit moment que l’on avait repéré cette date à la Société de Curiosités, avec notamment deux artistes que l’on voulait particulièrement voir ou revoir en live. Thomas Tilly tout d’abord que l’on n’avait pas vu en concert depuis des années, et Mokuhen ensuite dont nous chroniquions l’album il y a quelques semaines. Il se trouve que l’on est reparti de la salle avec un sentiment tout autre. Les joies du live.

Comme pour le précédent événement de la série (pour lequel nous n’avions pas fait le déplacement), la soirée est divisée en trois parties proposant trois interprétations du paysage sonore, variations liées aux contraintes et moyens mis en œuvre. Il s’agit donc de paysage brut logiquement présenté sous forme de field recordings, paysage transformé avec des rencontres entre musiciens électroniques et acoustiques, et enfin paysage de synthèse avec un artiste issu de la scène électronique.
C’est donc Thomas Tilly qui ouvre la soirée, avec une "simple" diffusion de field recordings. La salle est plongée dans le noir, Thomas lance son enregistrement et ajuste le niveau sonore, rabat l’écran lumineux de son laptop et écoute comme nous une série de trois enregistrements. Petits bruitages aquatiques, une sorte de couinement animal, et un son régulier, claquant, comme des gouttes d’eau qui tomberaient régulièrement. De l’eau qui coule ensuite, des espèces de croassements, l’impression qu’il pleut. Sur le dernier morceau, on pense à une sorte de ventilateur dont les pales frotteraient une feuille de papier, mais le son nous semble parfois être électronique, on doute. A la fin de la diffusion, Thomas nous révèlera le mystère de ces enregistrements, tous réalisés sous l’eau, simples captations d’une faune et d’une flore aquatique. Etonnant !

Le programme avait ensuite été légèrement aménagé en passant au paysage de synthèse qui devait normalement conclure. On retrouve donc Kasper Toeplitz que l’on boudait depuis quelques temps, celui-ci ayant plutôt tendance à nous ennuyer lors de ses prestations. Il est ici seul au laptop, débutant sans avoir été annoncé et donc dans une certaine indifférence. Le niveau sonore est d’abord très bas et tout le monde ne se rend pas compte que le concert à commencé, mais tout rentre rapidement dans l’ordre. Souffles, textures minérales, puis un drone qui lentement ne cessera de monter. Les éléments se superposent, s’emmêlent, ondulent, le ton se durcit un peu et les souffles deviennent tempête rugissante. Petit à petit le calme revient et là, comme si un rideau se levait, comme si progressant jusqu’au sommet d’une colline on découvrait une mer calme à perte de vu, Kasper Toeplitz dévoile une magnifique texture, à la fois fine et riche, une brise parsemée de crépitements, de toute beauté. Le concert aurait pu s’arrêter là, cela aurait été parfait, mais on repart pour une deuxième partie que l’on trouvera assez logiquement un peu en deçà. Ce concert fut toutefois une excellente surprise et le meilleur moment de la soirée.

Après une pause on aborde la dernière partie avec les paysages transformés de Pascal Battus, Stromvarx et Mokuhen, ce dernier n’étant que virtuellement présent. N’ayant pu venir, Laurent Guérel avait fourni une bande son composée pour l’occasion sur laquelle les deux artistes allaient improviser. On distinguera vraiment deux types d’éléments qui malheureusement auront du mal à se rencontrer. D’un côté des sonorités électroniques joliment travaillées, notes éparses et fantomatiques, souffles, drones retenus ou textures minérales, le tout faisant preuve d’une réelle finesse et de précision sur des sonorités toutes en longueur. A la rigueur, on regrettera juste le fait de ne pas arriver à distinguer la part de travail de Mokuhen et de Stromvarx.
De l’autre côté, les improvisations électro-acoustiques de Pascal Battus dont le travail nous apparaîtra assez singulier. Pas d’instruments ici, mais divers objets (baguettes, tiges, lamelles métalliques) qu’il manipule à proximité de micro-capteurs et autres appareils de sa fabrication. Contrairement à l’électronique, il pose ici un jeu très riche, dense, de sonorités souvent claquantes, perçantes, couinantes qui se démarquaient trop et focalisaient toute notre attention.
Sur cette dernière partie étaient projetés des visuels d’Emilie Vialet, plans fixes a proximité de terrain de golf dans lesquels l’action était réduite au strict minimum.

Fabrice ALLARD
le 19/02/2010

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