Ms. John Soda - Styrofoam - Static

 date du concert

28/11/2002

 salle

Stuk,
Louvain

 tags

Ms John Soda / Static / Stuk / Styrofoam

 liens

Static
Styrofoam
Ms John Soda
Stuk

L’événement electronica du mois prenait place dans l’une des salles de ce complexe récemment rénové dépendant de l’université de Louvain (Leuven). L’accès à la salle fut retardé pour cause d’arrivée tardive des protagonistes, ensuite Thomas Morr devait s’employer à réchauffer un public impatient et à occuper pleinement cet espace un peu impersonnel. Il n’y parvint pas réellement, non plus d’ailleurs qu’entre les différents sets, se contentant de passer l’un à la suite de l’autre des morceaux assez peu convaincants. Passons, car l’intérêt n’est pas là.

Excellente entrée en matière par les soins de Hanno Leichtmann, aka Static. Electronica dépouillée mais néanmoins riche (non, ce n’est pas paradoxal), aux constructions originales et variées agrémentées de jolies petites mélodies. Le tout délivré par un monsieur timide mais jovial, affublé d’une chemise disco-paillettes du plus bel effet derrière son laptop. Les morceaux sont fort semblables à ceux que l’on trouve sur l’album Eject your Mind, sorti cette année sur City Centre Offices, y compris certains où figurent les voix de Justine Electra et Ronald Lippok, celle-ci très new-wave et kraftwerkienne. La sensation qui domine est celle de calme et d’épure subtile, avec de temps à autre une mélodie bien prenante.

L’apogée vient ensuite avec un sublime set de Arne Van Peteghem, aka Styrofoam mais aussi Tin Foil Star, ce dernier projet étant un peu en veilleuse pour l’instant. Le Malinois est sans conteste la figure de proue de la scène electronica belge. Ses paysages rappellent ceux de Warp première époque, notamment Black Dog et Plaid, et aujourd’hui se rapprochent de ceux de Mum, Isan ou Ulrich Schnauss pour ne citer qu’eux. Autrement dit une combinaison intelligente et idéale entre la mélodie, ici très présente, et le rythme léger qui la soutient. Pas de fioritures inutiles ni de grésillements abstraits, juste une plongée incroyablement bénéfique dans un océan de sons cristallins et apaisants. Un moment hors du temps et du monde qui a convaincu tout le monde, excepté peut-être les passages chantés auxquels certains adhèrent moins, mais dont j’ai trouvé qu’ils s’intégraient parfaitement à l’harmonie d’ensemble. Un vrai bonheur et un splendide talent.

Pour clore, la découverte de Ms. John Soda, nouvelle signature chez Morr dont je ne connaissais rien. On quitte les sphères électroniques pures pour s’orienter vers un son nettement plus chaud, plus pop, plus groove (basse-batterie-guitare-machines). Sympathique et plaisant, mais rappelant beaucoup trop nettement certains prédécesseurs tels Stereolab ou Broadcast. Quand on connaît la qualité des prestations scéniques des premiers nommés (la voix de la chanteuse évoquait de manière évidente celle de Laetitia Sadier), les épigones souffrent inévitablement de la comparaison. Certains morceaux plus entraînants se rapprochent même de Lush, voire Belly. Les références ne manquent donc pas, et elles sont de qualité ; mais il s’en dégage nécessairement un certain manque d’originalité et donc de conviction. L’ensemble n’est absolument pas médiocre et on ne s’ennuie jamais, mais on ne vibre pas non plus. Sans doute est-ce le lot des amateurs vieillissants qui ne s’en laissent plus trop conter... Mais ceci n’a nullement terni l’excellente impression d’ensemble que nous avons retirée de cette soirée.

Gilles Genicot
le 07/12/2002

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