Peter Coffin : Qualunque Light

 date

du 05/02/2010 au 25/04/2010

 salle

Crédac,
Ivry-sur-Seine

 appréciation
 tags

Crédac / Peter Coffin

 liens

Crédac

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Untitled (Line)
(courtesy Galerie Emmanuel Perrotin)

Après avoir stupidement raté l’exposition que lui avait consacré le Confort Moderne de Poitiers à l’été 2007, on attendait avec impatience une nouvelle monographie consacrée à Peter Coffin. En effet, le travail de cet artiste né à Berkeley il y a une petite quarantaine d’années nous a toujours intéressés car assez minimal, empreint d’une grande poésie et utilisant des media très divers. L’annonce d’une exposition personnelle au Crédac nous avait donc réjouis et c’est avec confiance que nous descendîmes les marches du centre d’art pour constater que l’États-unien axe cette présentation sur l’appréhension des formes et objets par le spectateur. Un tube néon suspendu verticalement est ainsi soufflé artisanalement et tordu, de telle sorte qu’il acquiert une forme de fluidité quasi-contradictoire avec sa fonction initiale (Untitled (Line)). De même, la vidéo Untitled (L’Angelus Experience) détourne la peinture L’Angélus de Jean-François Millet pour en faire une sorte d’hologramme vibrant aux rythmes d’une bossa-nova ralentie.

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Transformation Sculptures : Compass
(courtesy Galerie Emmanuel Perrotin)

Mais c’est dans la série Transformations Sculptures que Peter Coffin conduit cette logique à son apogée. Proposant des couples objet original/fac-similé déformé, l’artiste navigue entre expérience scientifique (les réalisations ont été faites en collaboration avec un mathématicien) et jeu sur l’absurde. Il s’agit ainsi de dérouler ou d’aplatir des créations humaines (compas, bougeoir), de présenter des objets comme si la vision était faussée (via une lentille optique pour un Polaroïd, en double pour une cannette de bière), de transformer la nature (une pomme de pin voit ses facettes mélangées, un bouquet de fleurs et une étoile de mer sont démultipliés) ou de jouer sur l’effet miroir pour décalquer un morceau de bois. Ludique et stimulant, cet exercice interpelle le spectateur autant qu’il l’amène à repenser sa perception aux choses, dans une démarche post-Berkeley (auteur de la formule « esse est percipi » : les objets n’existent qu’au travers de la perception que nous en avons).

De surcroît, la scénographie de l’exposition donne l’impression que ces différentes transformations résultent de l’action d’une autre réalisation de Peter Coffin : Untitled (Shepard-Risset Glissando in Color). Combinaison d’un faisceau lumineux balayant la gamme de l’arc-en-ciel et d’une bande-son reprenant le paradoxe de Shepard (qui fait croire que l’on écoute une gamme de notes qui monte sans cesse alors qu’en réalité, il ne s’agit que d’une boucle répétée à l’identique indéfiniment), cette œuvre envahit de fait la grande pièce du Crédac et paraît ainsi avoir entraîné les modifications décrites précédemment. Ce travail sur la boucle et la spirale se retrouve également dans Untitled (One Minute Whale Breach), vidéo qui montre une baleine sautant hors de l’eau, l’image tournant par ailleurs sur elle-même. Déjà au centre de préoccupations plus anciennes de Coffin (on se souvient de ses géniaux escalier-spirale et escargot à base de photos d’arc-en-ciel), cette figure géométrique se retrouve donc ici, témoignage de la belle constance de l’artiste.

François Bousquet
le 24/02/2010

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