Festival Millefeuille : Silencio / Félicia Atkinson / Yellow6

 date du concert

28/02/2010

 salle

Les Disquaires,
Paris

 tags

Félicia Atkinson / Je Suis Le Petit Chevalier / Les Disquaires / Millefeuille / Silencio / Yellow6

 liens

Yellow6
Silencio
Félicia Atkinson
Les Disquaires
Millefeuille
Je Suis Le Petit Chevalier

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Trois ans et demi après une première édition sise à Mains d’Œuvres (et non évoquée ici, car principalement folk), voici le second festival organisé par le webzine Millefeuille. Changement de principe (deux soirées au lieu d’une) et changement de lieu, les Disquaires (bar à proximité de Bastille) remplaçant la salle audonienne. Pour notre part, c’est le second dimanche qui nous attira, séduits par le plateau proposé, très cohérent dans sa volonté de présenter plusieurs formes d’ambient ou post-rock et composé d’artistes familiers de ces pages.

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Silencio

En ouverture, un DJ set de Jérôme Olivier (de Fugues) permit de se mettre progressivement dans le ton de la soirée, en terminant notamment son mix par Fracture, très bon extrait du dernier album de Last Days. Silencio, qui débuta les lives, est tellement habitué de ce site que nous l’avions convié à l’une de nos soirées anniversaires au Project 101 en septembre 2004. Seul depuis quelque temps à la barre de ce projet, Julien Demoulin opéra cette fois-ci derrière un simple laptop, accompagné d’un clavier-séquenceur. Sans trop de surprise, une ambient composite emplit l’espace sonore, agrémentée de quelques samples parlés. Les nappes se superposaient et se fondaient les unes dans les autres tandis qu’un film diffusait des vues urbaines, aquatiques et boisées de et autour de San Francisco. Après avoir ajouté une dose de saturation et poussé par conséquent le volume de sa musique, le Français termina son agréable prestation, marquée notamment par une construction globale très bien agencée, par un titre davantage centré sur le clavier (accords profonds et notes détachées dialoguant joliment).

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Félicia Atkinson

Le cas de Félicia Atkinson a de quoi rendre perplexe : voici quelqu’un dont ces pages ont pu dire le plus grand bien pour ses travaux (sur scène et sur disque) avec Sylvain Chauveau, mais dont la participation au sein de Louisville a laissé plus que circonspect et que sa prestation solo l’an passé au Rigoletto avait été qualifiée d’ultra répétitive, lancinante et témoignant « un certain manque de maîtrise ». On la retrouva ce soir assise par terre, entourée d’une guitare acoustique et d’une électrique, d’un laptop et de quelques autres éléments (sistre, grelots, micros) dont elle ne servit finalement pas. Car, autant le dire tout de suite, son set ne dura que vingt minutes, sans qu’on sache très bien si cette brièveté était prévue (apparemment pas), si elle résultait de problèmes techniques, d’une impossibilité de produire ce qu’elle désirait ou bien d’une réaction aux départs de plusieurs spectateurs. En effet, musicalement, une fois qu’elle avait joué sur la résonance de la guitare électrique et pincé alternativement les mi graves et les mi aigus de ses deux guitares, le propos se répéta sans cesse, même si chacun avait bien saisi le principe. Un filtrage de la guitare acoustique par son ordinateur plus loin, elle se mit à souffler dans un happeau à oiseaux ; le qualificatif « cheap » nous vint immédiatement à l’esprit pour ne plus nous quitter jusqu’à la fin d’un set qu’elle eut donc le bon goût d’avancer.

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Yellow6

De 2002 à 2007, on chroniqua une bonne partie des sorties de Yellow6 (et pourtant, elles furent nombreuses). Depuis, l’Anglais n’a pas trop baissé le rythme, mais c’est plutôt nous qui nous sommes un peu éloignés de lui, peut-être marqués par la déception ressentie lors de son concert au Divan du Monde fin 2006. Bref, cette soirée constituait une très bonne occasion de reprendre langue avec quelqu’un dont on apprécie toujours les disques et qui, pour le coup, livra un concert entièrement convaincant. Certes, on pourra passer sur les vidéos proposées (énièmes vues d’autoroutes de nuit, illustrations trop plates et convenues), mais sur le plan musical, Jon Attwood, armé de sa seule guitare et de plusieurs pédales d’effets, sut mettre de la chaleur là où sa prestation de la dernière fois était trop distante. La superposition de boucles (un trémolo par-ci, des égrenés par-là, quelques mélodies) a beau constituer un grand classique de ce post-rock alangui, elle n’en demeure pas moins diablement efficace et attachante, même si le fait de présenter ses morceaux détachés, avec interruption entre chaque, empêcha quelque peu d’en profiter pleinement. Quoiqu’il en soit, et si tant est que nous pûmes avoir quelque doute avant ce set, Yellow6 est bien l’un des maîtres du genre.

François Bousquet
le 02/03/2010

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