Phill Niblock

Touch Strings

(Touch / La Baleine)

 date de sortie

02/10/2009

 genre

Electronique

 style

Ambient / Drone

 appréciation

 tags

Ambient / Drone / Phill Niblock / Touch

 liens

Phill Niblock
Touch

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Phill Niblock est une figure culte des musiques d’avant-garde, spécialiste, maître du drone. Économiste de formation, photographe et cinéaste dans les années 60, c’est en 1968 qu’il se lance dans la musique, s’inspirant de Morton Feldman et s’amusant à empiler les couches sonores alors sur bandes magnétiques. Une pratique facilité par l’arrivée de l’outil informatique pour une musique devenue technologique, se complexifiant au fil de l’augmentation de la puissance de calcul des machines. A 76 ans Phill Niblock sort sont 4ème album chez Touch en 10 ans, délaissant les cuivres au profit des cordes comme suggéré par le titre.

Touch Strings est un double album. Sur le premier CD, on trouve Stosspeng, une pièce de 59mn découpée avec précision en 5 pistes de 10’ et 9’ pour la dernière. Ce sont ici guitares et guitares basses qui ont été convoquées, confiées à Susan Stenger et Robert Poss qui n’en sont pas à leur coup d’essai avec Niblock. On retrouve ici tout ce qui fait la magie de cette musique : des nappes graves (drones), lancinantes, d’apparence immobiles mais en réalité en mouvement perpétuel et lent. Les couches se superposent, s’accumulent, oscillent et s’emmêlent, de nouvelles composantes apparaissant sans cesse. Si l’artiste conseille une écoute à niveau sonore élevé afin d’en percevoir toutes les subtilités, la densité des nappes et leurs multiples niveaux suffisent déjà à envelopper l’auditeur, le faire baigner dans une mer de vagues sonores, allant et venant sans cesse.
Le deuxième CD se compose de deux parties. Pour ouvre ce second volet avec Arne Deforce au violoncelle, pour un son qui nous apparaît nettement plus électronique. Cet aspect quasi clinique est peut-être du à un retour au source, reprenant sa méthode d’enregistrement des années 70s avec oscilloscope afin de contrôler la stabilité d’une sonorité qui sera ensuite déclinée sur tout un panel de tonalités et assemblée en multiples couches. Une linéarité indéniable, presque stressante.
La dernière pièce, One Large Rose, est nettement plus riche puisque c’est ici le Nelly Boyd Ensemble de Hambourg qui fournit la matière sonore à base de violoncelle, piano, violon et guitare basse. On retrouve ici l’esprit de Stosspeng mais dans un style plus nerveux et stressant. Les ronronnements apaisants ont laissé la placé aux vols de mouches et moustiques, le violon se fait grinçant sur une pièce aux fréquentes variations d’intensités et aux subtiles assemblages de strates.

Envoutant, hypnotique, mais aussi monstrueux de part sa teinte et sa taille, ce Touch Strings est à déguster avec un peu de retenue si l’on ne veut pas saturer. Les amateurs d’ambient se délecteront à l’écoute du CD1 quitte à laisser un peu tomber le deuxième volet qui séduira quand à lui les fans de minimalisme contemporain.

Fabrice ALLARD
le 23/03/2010

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