BJ Nilsen

The Invisible City

(Touch / La Baleine)

 date de sortie

00/01/2010

 genre

Electronique

 style

Ambient / Expérimental / Field Recordings

 appréciation

 écouter

Meter Reading (complet, Flash)

 tags

Ambient / BJ Nilsen / Expérimental / Field Recordings / Hazard / Touch

 liens

Touch
BJ Nilsen

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Alors que l’on était habitué à le voir proche de la nature, le Suédois BJ Nilsen nous revient plus de deux ans après son sublime The Short Night avec ce nouvel album dont le titre suggère des atmosphères plus urbaines.

The Invisible City reprend la construction de bon nombre des albums de BJ Nilsen, que ce soit sous son propre nom ou bien en tant que Hazard, avec une alternance de longs morceaux, de l’ordre du quart d’heure, et d’autres plus courts que l’on peut voir comme des focus, des zooms, que ce soit sur une façon de composer ou sur une portion d’une pièce plus longue.
Après l’apaisement ambiant de The Short Night, ce nouvel album peut surprendre, voire faire perdre quelques auditeurs au Suédois. Si la musique de BJ Nilsen reste globalement dans une veine ambient, on est bien loin de l’apaisement à l’écoute de Gravity Station qui ouvre l’album. Dominé par des drones lourds, sombres, fourmillant de piaillements électroniques stressants que l’on attribuera à des ondes radio, bruitages inquiétants, tintements et souffles anxiogènes, sans parler des textures crissantes qui clôturent ce premier passage, la ville de Nilsen est loin d’être de tout repos. A l’image de la pochette, photo nocturne d’un quai de gare au centre d’une ville illuminée, BJ Nilsen produit ici une musique d’apparence ambient (calme de la nuit) en mettant en avant des bruits que l’on ne perçoit pas ou plus qui font partie intégrante de la ville : ondes radios, réseau électrique, transports en commun.
Le maître du field recording se concentre ici sur le traitement sonore et trompe l’auditeur. La matière sonore n’a pas changé : oiseaux, pas dans la neige, bourdons, branchages qui s’entrechoquent, BJ Nilsen dessine sa ville avec des sons naturels, bien souvent méconnaissables, tout en intégrant parfois le sifflement d’une cafetière, le raclement d’une chaise sur le sol, le passage d’un train ou d’un avion. Il en découle un sentiment contrasté, alternant entre l’agressivité de riffs de guitare crissants à la Fennesz et des nappes ambient linéaires sur Virtual Resistance, jouant sur des sonorités arides avec lenteur pour les rendre presque agréables sur Gradient.
On notera enfin l’importance nouvelle de véritables instruments sur cet album, puisqu’en dehors du violoncelle de Hildur Gudnadóttir, le Suédois utilise ici orgues, guitares, piano et glockenspiel, le tout étant souvent difficilement identifiables...

Le changement dans la continuité serait-on tenté de dire, mais quel changement ! The Invisible City est un album riche, contrasté, mais aussi plus expérimental et plus difficile d’accès dans la mesure ou l’artiste casse ici l’image d’une ambient qui devrait être douce et agréable.

Fabrice ALLARD
le 25/04/2010

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