Michel Doneda - Guiseppe Ielasi - Ingar Zach

 date du concert

04/02/2003

 salle

Instants Chavirés,
Montreuil

 tags

Giuseppe Ielasi / Ingar Zach / Instants Chavirés / Michel Doneda

 liens

Instants Chavirés

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Nouvelle soirée d’improvisation aux Instants, avec deux musiciens qui y ont déjà joué à l’automne : Doneda, alors en duo avec Jérôme Noetinger, et Ielasi, vu avec Toshimaru Nakamura. C’est donc surtout pour découvrir leur partenaire de ce soir que nous faisions le déplacement. Ingar Zach est un percussionniste norvégien qui a développé de solides relations avec des figures de la scène anglaise comme Barry Guy ou Derek Bailey.

Le niveau sonore est très bas, chacun produit un son très discret, aucun ne semble vouloir se mettre en avant. Zach joue donc très silencieusement de la batterie : il fait grincer des baguettes sur les caisses, vibrer des cloches. Ielasi retraite à l’ordinateur les sons qu’il joue sur sa guitare, obtenus par un simple pincement de corde ou en tapotant le manche d’un tournevis sur son instrument. Doneda utilise ses saxophones en soufflant, sifflant pour obtenir un son continu. De par la nature de son instrument, c’est lui qui assure la continuité de la musique, alors que ses partenaires viennent plutôt interférer dans ce flux par des craquements et des grésillements surprenants.
Du coup, on n’est pas sûr que Ielasi ait vraiment essayé de placer ses bruits par rapport au saxophoniste, il semble suivre son propre chemin, hésitant, avec beaucoup de retenue dans les gestes. A sa décharge, il est celui qui joue de l’instrument le moins visuel. Ingar Zach par contre arrive à dialoguer avec les deux autres, même si ce n’est pas en même temps. L’ensemble donne l’impression de posséder plusieurs couches, et l’auditeur peut choisir de s’enfoncer plus ou moins dans la masse de sons en fixant son attention sur tel ou tel musicien.

Ils vont jouer deux sets de presque une heure chacun, avec des moments où le son prend de l’ampleur : Ielasi crée un larsen plus fort, Zach laisse tomber ses cloches, Doneda va jusqu’à laisser entendre de vraies notes ! Le rythme s’accélère aussi, et c’est un très beau moment qui joue sur la répétition et l’oscillation : Ielasi fredonne presque une mélodie à la guitare, tandis que Doneda pousse des notes répétées, Zach jouant lui aussi sur les oscillations de bols de cuivre posés sur la caisse claire.

Bertrand Le Saux, Soizig Le Calvez
le 05/02/2003

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