Festival Premiers Plans d’Angers 2011 - Reprise du Palmarès

 réalisateur

Thomas Cailley

 date

du 21/01/2011 au 30/01/2011

 salle

Forum des Images,
Paris

 tags

Forum des Images / Thomas Cailley

 liens

Forum des Images

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Pour cette reprise du palmarès, les équipes des Premiers Plans ont choisi de présenter tout d’abord les trois courts-métrages récipiendaires des Prix du Public dans les trois catégories existantes (films français, films européens et films d’école). Autre point commun entre ces trois réalisations : une durée entre vingt et trente minutes, soit un format tout à fait agréable, bien à même d’installer un propos et un style. Du premier comme du second, Den Jednoho Herce et Philipp ne manquent pas et on imagine bien les qualités que le public angevin a trouvé aux courts-métrages de Radim Filipec et Fabian Möhrke. Tandis que le film tchèque narre la journée d’un trentenaire dont femme et fille sont parties à la campagne (entre dépôt de la voiture au garage, recherche d’un nouvel évier et rencontre inopinée à la gare), le court-métrage allemand s’attache à Philipp, adolescent en proie aux traditionnels tourments de cet âge (relation difficile au père, amourette, mal-être diffus, brimades au collège). Sur ces trames plutôt attendues, les deux réalisateurs optent pour un traitement qui, pour être classique, n’en demeure pas moins intéressant et permet de révéler deux auteurs à suivre.

Pour les courts-métrages français, c’est Thomas Cailley et son Paris Shanghai qui ont été récompensés. Au tout début d’un périple à vélo reliant la capitale française à la ville chinoise, Emmanuel, la trentaine hippie, croise Victor, à la fin d’adolescence tenace. Plus drolatique dans son appréhension que les deux films précédents, Paris Shanghai trouve en outre quelque chose à dire sur la transmission et sur le rapport à l’autre. Enfin, le court-métrage le plus ambitieux sur le plan formel, parmi ceux diffusés, se révéla être The Shutdown d’Adam Stafford, soit dix minutes de monologue récitatif sur plans de cité ouvrière écossaise pendant lesquelles l’auteur et dramaturge Alan Bissett raconte comment son père a été blessé dans un accident dans une usine. Un rien trop maniéré et hiératique, le film, lauréat du Grand Prix du jury, peut également apparaître comme une forme de chantage à l’émotion et à la compassion.

Parmi les dix-sept long-métrages présentés, huit ont été récompensés par un jury très (trop ?) généreux, aux dires mêmes du Délégué Général du festival. Aussi, le choix était vaste pour cette reprise parisienne et se porta sur le film qui obtint le prix d’interprétation féminine. Repéré par la critique à Venise où il était en compétition officielle (et où Ariane Labed reçut également le prix d’interprétation féminine), salué à nouveau à Thessalonique, Attenberg y avait été vu comme symbolique d’un renouveau du jeune cinéma grec, dans la foulée d’autres films comme Strella et Canine, sortis en France fin 2009. Au reste, le réalisateur de Canine co-produit Attenberg dont l’autre producteur est sa réalisatrice, Athina Rachel Tsangari, qui avait elle-même produit Canine. Bref, la tentation d’un rapprochement entre les deux films est tentante, d’autant plus que leurs points de départ présentent des similitudes : portrait de familles évoluant dans des univers quasi-hermétiques au monde extérieur, confrontation peu aisée à la sexualité des protagonistes et sécheresse de la mise en scène.
Néanmoins, Attenberg s’avère plus réussi car il parvient à se défaire des atours grand-guignolesques dont faisait montre Canine (massacre d’animaux, coups dans la gueule, humiliations psychologiques) et opte, par ailleurs, pour un filmage qui gagne en souplesse au fur et à mesure du film. Centré sur Marina, jeune femme d’une vingtaine d’années, orpheline de mère, Attenberg semble uniquement s’avancer comme un récit d’apprentissage. En réalité, le film va progressivement s’attacher à l’accompagnement de la fin de vie en tirant un parallèle, parfois un peu trop marqué, entre agonie d’un être et éveil à la sexualité de l’autre, Thanatos et Éros (a fortiori pour un récit situé près d’Olympie), mort et vie. Assurément, on tient là une belle réussite, avec ses moments cocasses (les scènes de promenade de Marina et sa meilleure amie, Bella), ses passages plus émouvants (quand Marina, francophone, apprend Tous les garçons et les filles à Bella, en s’aidant d’une basse unplugged) ou plus profonds et son témoignage que, sur le plan artistique aussi, il se passe quelque chose en Grèce.

Date de sortie :
- Attenberg : 21 septembre 2011

François Bousquet
le 17/02/2011

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