Festival ATP 2003 : Tatamax - Bola - Made - R. Haswell - Hecker - Disjecta - Pita

 date du concert

05/04/2003

 salle

Camber Sands,
Angleterre

 tags

Alder & Elius / Bola / Camber Sands / Curtis Roads / Disjecta / El-P / Farmers Manual / Festival All Tomorrow’s Parties 2003 / Hecker / Made / Mortal & Chemist / Mr 76ix / Pita / Russell Haswell / Sunn0))) / Tatamax / Yasunao Tone

 liens

Bola
Farmers Manual
Disjecta
Hecker
Alder & Elius
Sunn0)))
Tatamax
Pita
Curtis Roads
Camber Sands

 dans la même rubrique
14/11/2017
Thomas Tilly / BJ Nilsen
(Instants Chavirés)
13/11/2017
Christian Wallumrød Ensemble
(Dynamo)
09/11/2017
Matt Elliott
(Médiathèque Musicale de Paris)

Après la mise en jambe offerte vendredi, nos oreilles sont prêtes à affronter des expérimentations plus dures, et ce samedi se partagera notamment entre Mego dans la grande salle et Skam, sélectionné pour une deuxième journée, au rez-de-chaussée. El-P et Kool Keith assuraient quant à eux le quota hip-hop, et Sunn0))) le "rock", en remplacement de Earth qui avait annulé.

14h, c’est à peine si on est réveillé, et Pita inaugure cette deuxième journée de festival. Nos dernières écoutes de Pita étaient un album, et la musique du spectacle de danse du groupe DACM, et on a été un peu surpris de retrouver un véritable live de Pita, plus bruitiste que ses enregistrements, mêlant grosse texture et bleeps épurés de tout effet, collages, superposition de couches bruitistes, finissant par laisser entrevoir une ébauche de mélodie, une bribe de rythmiques.
Pas une grosse surprise, Pita reste fidèle à lui-même avec ce très bon concert.

On attendait ensuite beaucoup des Farmers Manual dont nous n’avions jusque là qu’entendu parler. A vrai dire, on ne comprendra pas vraiment leur démarche. Non seulement leur musique est difficile d’accès, à se demander si le but n’est pas de faire le plus abstrait possible, déstructurant tout ce qui peut ressembler à une mélodique ou une séquence rythmique, mais leur attitude sur scène n’arrange pas les choses. Ils sont absents, on ne sait même pas quand leur live commence, un musicien lance quelques sons et se tourne pour discuter avec son voisin, un autre se lève et va faire quelques pas pour se dégourdir les jambes. Tout simplement déroutant alors que leurs enregistrements semble tout à fait construits.

Autre grosse attente de la journée, Disjecta (Warp), soit le projet solo de Mark Clifford, ancien membre de Seefeel (Too Pure, Warp, Rephlex). On n’est pas surpris par son début de concert, seul sur une chaise avec sa guitare et entouré de pédales d’effet, il nous fait un très beau set ambient à base de lentes mélodies de guitare réverbérée et de petite boucle donnant un rythme. La surprise viendra d’un long passage plutôt bruitiste lorsque Mark Clifford gratouille rapidement sa guitare, produisant une avalanche de petits sons aigus assez déconcertants avant de revenir au calme. Malgré cet étrange passage bruitiste, cela reste l’un des très bon concerts du festival.

On restera dans la grande salle pour voir El-P, un autre groupe hip-hop dont la presse a beaucoup parlé l’an dernier. Apparemment les groupes hip-hop ont tout de suite un succès critique quand la partie instrumentale sort un peu des clichés du genre. Donc oui, la musique de El-P ne sonne pas hip-hop, elle est même plutôt douce, agréable, mais encore une fois le MC se lâche avec des voix très appuyées. L’arrivée d’un deuxième chanteur viendra adoucir l’ensemble et ils iront même jusqu’à chanter ensemble plutôt que de scander des textes, mais ce ne sera pas suffisant pour nous retenir

on aura ensuite un peu de mal à suivre le rythme avec plein de découvertes à faire dans la salle Skam, et plein d’autres choses à voir dans la grande salle, même si pour la plupart nous les avions déjà vu (Hecker, Russel Haswell, Yasunao Tone).
Comme la veille, les premiers concerts d’artistes Skam débutent à 19h dans la salle du bas. Alors que nous découvrions Meam le vendredi, aujourd’hui nous faisions connaissance avec Made qui commence très fort avec un gros tube d’electronica mélodique et énergique qui mettra tout le monde d’accord. La suite est plus recherchée, plus subtile, les mélodies se font plus discrètes et les rythmiques variées.
Une autre grosse attente du festival ensuite, avec Bola qui commencera par briller de son absence. Un petit mot explique qu’il n’a pas pu faire le déplacement parce qu’il venait d’avoir une petite fille, il est donc excusé. On n’y perdra pas énormément puisque le label a pris soin de remplacer ce live par une diffusion des titres de Darrell Fitton, le tout mis en valeur par de jolies projections. Tout le monde sera content, un public nombreux pour ce set, beaucoup assis pour s’immerger complètement dans les superbes mélodies de Bola, les autres dansant à leur rythme.

Retour ensuite à la grande salle pour quelques extraits de concerts : Yasunao Tone (que l’on croisera régulièrement au milieu du public) ne sera pas plus convaincant qu’à Pompidou avec une succession de bruitages électroniques.
Hecker ensuite fera un set très noise avec un grésillement faisant penser à un bourdonnement d’insecte énervé, puis s’orientera vers des sonorités plus concises et une musique plus hachées. Les festivaliers ne sont pas très nombreux et quelques uns d’entre eux s’amusent comme ils peuvent, en jouant à saute-mouton ou en inventant une chorégraphie originale en faisant semblant d’être pris de convulsions.

Retour à la salle Skam avec encore quelques découvertes et un désistement. On attendait beaucoup de Push Button Objects mais ceux-ci annulèrent et furent remplacés par Mortal & Chemist pour un set tantôt agréable avec des mélodies justement placées, très original avec d’étranges vocalises, et tantôt un peu plus barré avec des rythmiques drum’n bass syncopées.
Mr 76ix ensuite nous décevra un peu, mais nous n’étions peut-être pas dans l’ambiance à ce moment, à moins que cette electronica soit trop ludique pour nous : sonorités de jeux vidéo, une musique qui part un peu dans tout les sens, qui se veut à la fois dansante de mélodique sans céder à la facilité et qui s’emballe régulièrement en intégrant des élément noises dans ses rythmiques.

Retour à la "boring room", avec maintenant Curtis Roads. Difficile de faire plus théorique puisque le bonhomme est enseignant au département musique de l’université de Californie. Un court concert en quadriphonie accompagné par des visuels. C’est assez proches de Yasunao Tone, mais aussi beaucoup plus posé.
Russell Haswell viendra ensuite détendre cette atmosphère un peu coincée. Il commence par un morceau très techno-dance qu’il parsème de glitchs et bruitages, mais cela reste efficace. Petit à petit le public répond présent et au bout d’une vingtaine de minutes l’ambiance est à son comble dans la grande salle. Haswell joue très fort, une musique violente, et mélange les genres en mixant un titre death-métal avec des choeurs religieux. Dans le genre dansant, ça restera l’un de nos meilleurs souvenirs du festival.

Ce samedi est certainement la journée la plus chargée, et on fera une petite pause avant d’aborder la dernière ligne droite et les deux derniers artistes Skam.
Tatamax pour commencer, encore une belle découverte, encore un groupe d’electronica "à la Skam", une parfaite maîtrise mélodique et rythmique, avec en plus un petit quelque chose de magique, et d’assez hypnotique. Comme pour Bola, certains reste assis, d’autres dansent, et à ma droite un autre reste debout les yeux fermés, il semble complètement parti...
La tâche sera nettement plus difficile pour Alder & Elius. Jouant à 2h30, heure à laquelle commence le set d’Aphex Twin, la Skam Room s’est complètement vidée. Seuls quelques fans sont là pour les soutenir, et nous, pour les découvrir. Le groupe est composé d’un couple dont une charmante jeune femme qui semble plus être là pour son physique que pour son apport musical. Ils feront un concert honnête mais leur electronica un peu facile nous lassera assez rapidement.

Entre ces deux groupes nous avions une petite demi-heure pour aller voir Sunn0))) qui remplaçaient Earth. Un long drone de guitare, quelques incantations, et une attitude de poseurs nous lassera assez vite.
Quant à Aphex Twin, nous avons vite été découragé. A 3h30, après Alder & Elius nous sommes allés dans la grande salle qui était bondée alors qu’Aphex jouait une drum’n bass très classique. Demi-tour et au lit.

Fabrice ALLARD
le 10/04/2003

À lire également

R/S (Rehberg / Schmickler)
USA
(Pan)
V/A
Vertical Forms
(Vertical Form)
16/04/2007
KTL
(Générale)
21/04/2005
Pita
(Les Voûtes)