Mircea Cantor : More Cheeks Than Slaps

 date

du 16/09/2011 au 18/12/2011

 salle

Crédac,
Ivry-sur-Seine

 appréciation
 tags

Crédac / Mircea Cantor

 liens

Crédac

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Pour l’inauguration de son nouveau lieu, le Crédac avait eu une belle intuition en programmant Mircea Cantor puisque l’artiste se retrouve au centre de l’actualité en cet automne avec l’attribution il y a quelques semaines du Prix Marcel-Duchamp. C’est donc à quelques hectomètres de l’endroit précédent que le centre d’art a élu domicile, quittant les sous-sols de ce qui aurait du être un cinéma pour la Manufacture des Œillets, grand bâtiment industriel, fait de brique, d’acier et de verre, situé derrière l’Hôtel de Ville et partagé avec une école d’architecture et un futur Centre dramatique national. Parvenu au troisième étage de l’immeuble, on découvre trois salles, un peu plus petites qu’Avenue Georges Gosnat (le Crédac a perdu tout juste 10 m² d’exposition dans le déménagement) mais nettement mieux agencées et surtout bénéficiant d’immenses baies vitrées dévoilant l’architecture ivryenne.

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Photogramme extrait de Tracking Happiness
(courtesy Galerie Yvon Lambert)

Précisément, Mircea Cantor tire parfaitement parti de ce nouveau lieu avec Rainbow, grand arc-en-ciel tracé sur des panneaux de verre et qui peut donc, par transparence, se voir dans le ciel à travers la façade vitrée. Cette idée de la trace fugace se retrouve dans d’autres œuvres de l’exposition et notamment dans Tracking Happiness, film montrant sept jeunes femmes vêtues de blanc, marchant en cercle sur du sable blanc et effaçant les traces de pas de celle qui les précède. La grâce de ce ballet aux balais, mouvement sans objet ni but, s’imprime d’autant plus que la projection occupe un large pan d’un des murs d’une salle uniquement occupée par elle. Traces encore avec trois petites photographies mettant en parallèle un papillon et une traînée d’avion (Buterffly and Cointrail) ou avec des vignettes autocollantes de chars d’assaut et d’avion de chasse sur lesquelles le Roumain a apposé des sortes d’enluminures (Fishing Flies).

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Fishing Fly
(courtesy Galerie Yvon Lambert)

Cet attrait pour l’attirail guerrier perçait déjà dans Rainbow puisque les rais de l’arc-en-ciel sont parsemés de croisillons, façon barbelés, mais la tonalité pastel de l’ensemble en atténue singulièrement la portée. De même, le gros avion de chasse occupant l’espace de la grande salle voit sa destination infléchie par l’apposition d’une sorte d’hameçon géant sous sa carlingue (Fishing Fly). Lui conférant un caractère ludique, cet ajout fait écho à la petite vidéo I Decided Not To Save The World dans laquelle un enfant rigolard, à l’arrière d’un car scolaire, répète cette phrase.

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More Cheeks Than Slaps
(courtesy Galerie Yvon Lambert)

Cet aspect enfantin va jusqu’à infuser la démarche d’appréhension par le spectateur de l’œuvre qui donne son nom à l’exposition. Sentence écrite au néon et à l’envers, elle ne peut être lue que par réflexion dans un miroir ; or, le seul miroir disponible est accroché de telle manière qu’il faut se baisser ou faire une taille d’enfant pour l’utiliser.

François Bousquet
le 10/12/2011

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