Tuxedomoon

 date du concert

26/06/2003

 salle

Centre Pompidou,
Paris

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Centre Pompidou / Tuxedomoon

 liens

Tuxedomoon
Centre Pompidou

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Nous y voilà donc. Concert exceptionnel de Tuxedomoon que l’on est un peu trop jeune pour avoir connu à l’époque. Découvert sur le tard, on ne pensait pas qu’un jour on aurait l’occasion de les voir en concert. Un concert dont l’annonce fut une surprise et donc l’occasion de se rattraper.
Les places s’étant vendues comme des petits pains, on se retrouve au milieu de fans blasés de la première heure et quelques spectateurs lookés gothique, faisant preuve que si le groupe est resté confidentiel, Tuxedomoon a su s’attirer un public éclectique.

Dès les premières notes l’ambiance est posée : gros riffs de basse grinçante, cuivres langoureux, nappe de guitare et clavier cristallin construise un paysage onirique et moite, une sorte de rêverie nostalgique au rythme de laquelle celui qu’on appellera le 5eme membre du groupe ballade un projecteur tour à tour devant chaque musicien afin d’en plaquer les ombres sur l’écran en fond de scène, participant parfaitement et avec talent à l’ambiance du concert.
Ils passeront ensuite à un titre plus rock, chanté par Steven Brown qui nous surprendra plus tard avec des intonations ressemblant à s’y méprendre à Nick Cave, comparaison que l’on poursuivra avec le son de piano. On préférera d’ailleurs ces titres à ceux plus chaleureux, joyeux, chantés par le crooner Blaine L. Reininger, notamment en italien.
On appréciera ensuite l’alternance des ambiances, du rock sombre aux grooves jazzy en passant par quelques très beaux morceaux ambient qui laissaient le loisir à chacun de s’exprimer librement. Autre point amusant, les quelques notes de basse en guise d’intro immédiatement applaudie, assurée par un Peter Principle imposant, statique, placé en milieu de scène, montrant toute l’importance de l’instrument dans ce groupe dépourvu de section rythmique.

Mais ce soir, le 5eme membre du groupe responsable des visuels a presque volé la vedette. Peut-être est-ce seulement dû au fait que nous n’avions jamais vu ce genre d’exercice pendant un concert. Après avoir projeté les ombres des musiciens, il apportera presque toujours une dimension supplémentaire aux visuels, promenant un projecteur Super 8 dont le film ainsi déformé vient se superposer à une autre diffusion, se mettant en scène devant un projecteur avec un verre d’eau alternant ainsi entre son ombre et celle, abstraite, de ce verre d’eau, s’amusant avec des liquides qu’il colore et superpose à un film, masquant ses expériences chimiques avec son bras pour donner à voir une partie du film, ou s’amusant avec une sorte de toile au tissage aéré afin des créer des effets de moirage.
De nombreux effets visuels, mais jamais superflus. Au contraire il contribuaient à donner une forte identité visuelle au groupe, entre cold-wave et arty.

Le public se faisant convaincant, on aura droit à plusieurs rappels pour arriver à plus d’1h30 d’un très bon concert.

Fabrice ALLARD
le 07/07/2003

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