Route du Rock 2003 : Stuntman5 - Pita - Cyann & Ben - M83

 date du concert

15/08/2003

 salle

Fort de St Père,
St-Malo

 tags

Cyann & Ben / Festival Route du Rock 2003 / Fort de St Père / M83 / Pita / Stuntman5

 liens

M83
Festival Route du Rock 2003
Cyann & Ben
Stuntman5
Pita

C’est parti pour trois jours de sons divers et variés, sous le beau soleil breton. Outre son intéressante programmation, ce festival offre l’agrément d’un cadre enchanteur : le Fort de St-Père et la vieille cité malouine gorgée de touristes. Il permet donc de salutaires respirations touristiques et tranche en cela avec les manifestations estivales habituelles.

Le programme journalier débute au Palais du Grand Large, rotonde vitrée qui ouvre une splendide vue sur la plage, la mer et les remparts. C’est là que je découvre Stuntman 5, dont je venais d’être séduit par l’album Bretzel Arabesque sorti sur le label Effervescence. Derrière son laptop, Christian Bagnalasta propose des morceaux plus vigoureux que ceux du disque. Son set se dessine autour d’une sonorité de batterie métallique et de mélodies electronica saturées. Sur certains morceaux, il chante et déploie des accords de guitare lorgnant vers la noisy. Malheureusement, l’acoustique de la salle s’avère médiocre et le son est mal réglé (cela s’arrangera les jours suivants). L’accent est mis sur les rythmes saccadés et une mixture mélodique électro/guitare qui fonctionne plutôt bien. Les morceaux délivrés exclusivement au laptop reproduisent la même impression de densité sous-tendue de soubresauts et entrecoupée d’éclaircies. Agréable découverte, et première bonne surprise du festival.

Je laisserai tomber le set de Tujiko Noriko qui suivait au Palais, étant a priori peu convaincu par la demoiselle que je retrouverai du reste au Pukkelpop à la fin du mois. L’envie était grande en effet de découvrir ce que pouvait donner un DJ set de Pita sur la plage de Bon Secours. La situation tient du surréalisme, avec les festivaliers qui se mêlent aux touristes qui se demandent un peu où ils sont tombés... Mais l’intérêt des DJ sets de la Plage se révélera vite limité, car le son est vraiment laissé au minimum, ce qui empêche l’installation de toute véritable ambiance. De surcroît, il a apparemment été demandé aux artistes d’adoucir leur propos au maximum et même Peter Rehberg n’y échappera pas. Un bien agréable moment de détente, cependant.

Direction le Fort ensuite, pour y découvrir d’abord Cyann & Ben. Ce concert m’a vraiment plu, en particulier en raison des envolées lyriques de l’orgue combinées au piano et aux guitares. Le chant, contemplatif, éthéré et profond, laisse régulièrement la place à de superbes paysages d’orgue. Il évoque de manière lointaine Thom Yorke ou Jonathan Donahue. Les influences du quatuor ne manquent pas, au premier rang desquelles celle du Pink Floyd des débuts apparaît manifeste, mais cette présence tutélaire est à ce point au-dessus de tout reproche que ce groupe au look délicieusement passéiste a conquis ma sympathie.

Commence ensuite sur le site terreux et donc poussiéreux, qui commence à bien se remplir, une alternance de groupes rock qui ne m’intéresseront pas (Broken Social Scene), voire pas du tout (Hoggboy). Entre les deux, j’attendais avec impatience le concert de M83. N’ayant pas écouté le dernier album mais appréciant beaucoup le premier, je ne savais trop à quoi m’attendre. Le duo se produit avec l’appui d’une section rythmique rock-wave bien tenue, avec une basse aux accents cold, qui entraîne dans une sphère hybride ses ritournelles électro-mélancoliques. Celles-ci ne surnagent pas toujours de manière optimale au milieu de cette ambiance assez rock propice aux festivals, mais cependant la sauce prend et l’ensemble se révèle fort séduisant.

Les deux derniers concerts de la journée se sont avérés décevants. Death in Vegas a commencé de manière molle et terne avant que la consistance s’affirme quelque peu. Le son est très rock ici encore, éclipsant souvent les autres couches des morceaux. On ne retrouve que très imparfaitement la fusion d’éléments pop, psyché et électro-dub qui font la renommée du groupe. Une étonnante reprise partielle du splendide Temptation de New Order ne m’empêchera pas de trouver tout ceci assez peu captivant.
Quant aux Audio Bullys, ils délivrent des morceaux répétitifs, bassement efficaces et gonflés d’une certaine morgue british. Les vocaux sont stéréotypés et il y a peu d’ambiance, le public serait-il déjà fatigué ? Pourtant deux autres journées nous attendent...

Gilles Genicot
le 21/08/2003

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