Derelict : Farah Atassi / Stéphanie Cherpin

 date

du 15/03/2012 au 12/05/2012

 salle

Galerie Édouard Manet,
Gennevilliers

 appréciation
 tags

Farah Atassi / Galerie Édouard Manet / Stéphanie Cherpin

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Exercice souvent périlleux, la rencontre entre deux artistes au sein d’une exposition, à mi-chemin entre monographies hermétiques et présentation collective, nécessite soit une collaboration véritable en amont entre les plasticiens, soit un savant et habile choix de créateurs par le lieu ou le commissaire. Avec Derelict, c’est cette seconde hypothèse qui se trouve matérialisée. En effet, ce dialogue, toujours difficile à installer entre deux artistes, certes globalement de la même génération (elles ont participé à la même édition du Salon de Montrouge et ont toutes les deux été présentées à Dynasty il y a deux ans) mais aux médiums différents, fonctionne ici. De fait, Farah Atassi et Stéphanie Cherpin semblent partir des mêmes préoccupations et du même matériau : ce qui reste après le passage humain.

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Vue de l’exposition

Les intérieurs « nature morte » de la première répondent ainsi parfaitement aux sculptures avec éléments de rebut (carton alvéolé, plâtre, fers à béton, polystyrène, toile de jute…) de la seconde. Plus précisément, les traits verticaux noirs présents dans le vestiaire de Cloakroom pourraient être les barres de métal de Her Milk Is My Shit ou les rubans adhésifs utilisés par Stéphanie Cherpin. L’œuvre Derelict de cette dernière pourrait également être vue comme une sorte de tancarville post-industriel qui trouverait sa place dans le dortoir abandonné peint par Farah Atassi dans Abandoned Dormitory et la grande sculpture Trophy renvoie, avec son grillage géométrique, aux lignes franches des peintures.

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Vue de l’exposition

Au-delà des sujets et des éléments, les tonalités peuvent aussi converser, à l’image de la grisaille qui inonde la maison de Dirt House IV et de la peinture qui recouvre les composants de Her Milk Is My Shit. En revanche, dans ce contexte plutôt chaotique, les couleurs franches employées par Farah Atassi dans Playroom se font moins pertinentes mais ne remettent nullement en cause la qualité du travail de ces deux jeunes femmes et la grande réussite de cette exposition.

François Bousquet
le 14/04/2012

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