Festival Pukkelpop 2003 : Massive Attack - Mogwai - Lamb - Vlad. Delay - Styrofoam

 date du concert

28/08/2003

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Cex / Fat Truckers / Festival Pukkelpop 2003 / Fischerspooner / Ladytron / Lamb / Luomo / Massive Attack / Mogwai / Radian / Styrofoam / Vladislav Delay

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Ce festival de 3 jours se tient chaque dernier week-end d’août à Hasselt, à 50 km au nord de Liège. C’est l’un des trois gros festivals belges avec Werchter et Dour, la programmation étant plus alternative qu’au premier et plus cohérente qu’au second. C’est du reste un festival d’accès pratique, bien organisé, avec un programme varié et intéressant, où l’on se rend chaque année avec plaisir. Le site comporte 6 scènes (une de moins que les années précédentes, ce qui n’est pas plus mal) et accueille bon an mal an 120 artistes.

En ce premier jour, leurs heures de passage précoces nous ont fait manquer The Coral, Turin Brakes (que l’on y avait déjà vus il y a deux ans, sans en conserver un souvenir impérissable), D.A.F. (vus il y a quelques années à l’Eurorock, pour un résultat décevant) et Tujiko Noriko. Les embouteillages à l’approche du site font que l’on ne verra que la toute fin du set d’Electric 6 mais cela suffira pour comprendre que l’on n’aura vraiment rien raté. Energique, bonne ambiance, mais musicalement très pauvre et vocalement indigent. A noter une reprise anecdotique de Radio Ga Ga de Queen. Au même moment, Cex jouait sur la scène plus expérimentale du Chateau. Nous n’en avions jamais entendu parler et rétrospectivement, on a sûrement eu tort de ne pas aller y jeter une oreille.

Petite incursion sous le chapiteau DJ où Luomo (aka Vladislav Delay) balance une lounge-house très (mais vraiment très) mollassonne. Direction le Dance hall pour danser aux sons nettement plus énergiques de The Hacker : pumping electro incroyablement efficace. Il n’a pas d’égal dans le style, sauf peut-être Tiga, qui officiait le samedi.
Premier bon concert ensuite avec Ladytron : vocaux atones plaqués sur rythmes robotiques sautillants. Très proche des disques, dark eighties electro-pop. Les mecs jouent, les filles chantent, en dignes héritières de Siouxsie et Anne Clark, avec des accents à la Björk voire à la Chrissie Hynde. Les morceaux sont très accrocheurs. Bonne mise en scène : pendant le set du DJ, un écran noir cache la scène surmonté d’une rangée d’écrans. Juste avant le début, un décompte 50, 49, 48... s’y affiche avant que "L A D Y T R O N" ne s’y inscrive et que le rideau s’abaisse.

On s’éclipse avant la fin pour grappiller un bout du set de Radian. Pas très éloigné de Pole : batterie et basse chaloupées, sifflements, grincements et craquements prolongés. Textures lymphatiques et torturées à la fois. Un morceau propose de sourdes infrabasses sur un grésillement continu, un régal. Pas eu le temps de rentrer complètement dedans, mais ce qu’on a entendu était splendide.
Eh oui, au Pukkelpop il faut faire des choix douloureux et marcher beaucoup, puisque plusieurs scènes fonctionnent en même temps... De fait, on retraverse le site en direction du Dance hall pour siroter une bière au son électro-techno imparable de DJ Hell.

Puis Styrofoam : un brin en-dessous de son set à la Route du Rock peut-être, mais vraiment excellent. Alliage très réussi de mélodies electronica et de rythmes wave aux portes du shoegazing. Une enveloppe sonore très consistante, un groove cotonneux (mais oui). Je persiste à ne pas être tout à fait convaincu par sa voix, pas vraiment à la hauteur de ses ambitions. Mais l’alchimie instrumentale guitare-batterie-claviers-machines entre ces 3 sympathiques garçons fonctionne à merveille. Invité, Fat John (de Cincinatti, apprend-on) agrémente un morceau de son phrasé hip-hop très rapide. Finale superbe avec le fabuleux Fade Out Your Eyes qui est sur la compil Blue Skied an’ Clear.

Commence alors un marathon : voir 4 groupes en 1h20 sur 4 scènes différentes... D’abord Fisherspooner : grotesque et sans intérêt. Si quelqu’un crie au génie, qu’il m’explique (mais je suis prêt à entendre ses arguments). Rien n’est joué live, musicalement ça passe mais c’est vraiment mou et peu inspiré. Chorégraphie approximative et bouffonne du blondinet qui se la joue avec son harem de pétasses en bikinis. Je fuis.
Lamb : premier concert intéressant sur la main stage. Excellent comme d’habitude. Timbre envoûtant, si caractéristique, de Louise Rhodes, mi-aigre mi-enfantin. Andy Barlow est aux machines, il y a aussi une contrebasse électronique. Très bonne version du superbe Gabriel. Quelques morceaux du 1er album pour les fans de la première heure et aussi des extraits du prochain, tout juste terminé, qui sont bien enlevés, presque bossa nova. Peu de monde, la pluie commence à tomber.
Vladislav Delay : sa musique semble déconcerter autant le public que celle qu’il mixait plus tôt sous l’alias de Luomo. Salle quasiment vide alors qu’elle était bourrée pour Styrofoam. Cet autre blondinet, nettement plus sobre que l’ineffable Casey Spooner, nous gratifie d’un set peu excitant, décousu, assez terne. Certains passages de nappes deep avec bruitages dub minimaux accrochent l’oreille, mais dans l’ensemble, déception par comparaison avec l’intérêt que procurent ses disques, du moins certains d’entre eux.

Mogwai : au même moment et au même endroit, ils nous avaient vrillé les tympans il y a deux ans. A présent ils se sont assagis : le volume sonore est correct, il n’y a quasiment pas d’envolées bruitistes. C’est soft et prenant, une sorte de Mogwai sous Prozac. Comme à chaque fois, on apprécie, mais n’étant pas du tout spécialiste, il nous est difficile de donner un avis plus autorisé sur leur prestation ou des précisions sur la setlist. Ils sont tout de même uniques dans leur genre. On regrette un peu l’absence de belles montées, mais les oreilles s’en passent allègrement.

Fat Truckers : punk ska hip-house sous influences Jam, Specials (c’est eux qui le disent) et surtout Cramps, avons-nous pensé. Une pincée de DAF aussi. Gestuelle amusante, saccadé et sympa.

Massive Attack : headliner du jour sur la main stage. Ne les ayant jamais vus, nous étions contents, mais sans rien en attendre, et de fait nous n’avons rien eu. Vraiment mou et endormant : en pleine forme au début (ils commencent à 0h15), nous nous surprenons à bâiller une demi-heure plus tard. Très propret, lisse, classieux ; parfait comme fond sonore pour les réceptions chic. Mais franchement, ça n’a rien de captivant en live (c’est déjà difficile d’être très client en disque), malgré une setlist qui revisite tout leur répertoire. Les projections, omniprésentes, génèrent un joli effet d’ensemble même si l’on ne prête pas grande attention au contenu. Cela dit, on ne nous empêchera pas de penser que tout ceci n’est qu’un cache-misère pour masquer la pauvreté de la musique et distraire les spectateurs. Ca se traînaille, ça ne s’emballe jamais et ils changent de chanteur/euse tout le temps sans aucun résultat. Dommage, car il nous semble que les albums pourraient être rendus d’une manière bien plus prenante, avec des impros, des variations... On se dit qu’ils devraient écouter un peu de Fila Brazillia, au hasard.

Pour se réveiller avant de rentrer, quelques minutes de Dave Clarke, techno basique sans grand intérêt mais qui met le feu au Dance hall. Deux filles des Chicks on Speed viennent beugler sur deux titres, notamment un She’s in Parties honteusement massacré.
L’alternance de rock et d’électronique se poursuivra demain, après une nuit pluvieuse qui a entraîné l’évacuation d’une partie du camping...

Gilles Genicot
le 07/09/2003

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