Nuit Bleue : Phonophani - Rechenzentrum

 date du concert

06/09/2003

 salle

Salines Royales,
Arc-et-Senans

 tags

Phonophani / Rechenzentrum / Salines Royales

 liens

Rechenzentrum
Phonophani

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Pour cette deuxième édition de la Nuit Bleue, mais la première à accueillir des lives, Rechenzentrum et Phonophani étaient annoncés dans le superbe écrin que constituent les salines royales d’Arc-et-Senans (village situé à une trentaine de kilomètres de Besançon). Une fois passés le point billetterie, nous pénétrons dans la cour des salines où tous les spots ont été recouverts de gélatine bleue, donnant l’impression d’entrer dans une crypte jonchée de stalagmites. Arrivant dans la salle où se déroule la soirée, nous découvrons un immense dispositif composé de cinquante hauts-parleurs, disposés çà et là, de tentures suspendues au plafond pour limiter la réverbération, d’une estrade placée au beau milieu de la pièce et de matelas posés à même le sol et offerts aux auditeurs. Ayant prévu notre sac de couchage (après les lives, une diffusion de morceaux électroniques et électro-acoustiques était prévue jusqu’à sept heures du matin), nous nous lovons dedans, allongés sur les matelas, prêts à déguster des heures de musique dans cet exceptionnel cadre.

Débutant par une succession de sonorités dures et métalliques, le set du duo allemand se pacifie ensuite lorsqu’ils effectuent Vlotho Exter, un des plus beaux titres de leur Peel Session. Alternant morceaux rythmés et pièces plus apaisées, Rechenzentrum, bien servi par d’habiles vidéos projetées sur le mur du fond, dévoile l’étendue de son savoir-faire, nous gratifiant même d’un final très porté sur le dub. Jouant avec la spatialisation du dispositif, faisant se balader leurs sons tout autour de la pièce via les différentes baffles, Marc Weiser et Lillevän nous offrent un set sans grande surprise, peut-être un petit peu trop long, mais suffisamment convaincant pour nous réconcilier avec leurs prestations lives (on gardait un souvenir plus que mitigé de leur dernier passage parisien, il y a deux ans au Batofar).

C’est après au tour de Phonophani de prendre place sur l’estrade : le norvégien, moitié d’Alog, commence son set par une cascade de petites notes, quasi-aquatiques, qui d’espacées au début deviennent de plus en plus rapprochées jusqu’à former une mélodie à laquelle il adjoint une sourde basse et quelques notes de melodica. Reconnaissant quelques passages extraits de Genetic Engeneering, second album du norvégien, on pénètre assez vite dans un set associant passages épurés et moments « pleins » où le musicien utilise, avec bonheur, l’agencement spatial qui lui est proposé. Utilisant, pour un titre, une flûte à bec ténor reliée à son laptop, Espen Sommer Eide parvient habilement à combiner les sons qu’il émet en direct et ceux préalablement enregistrés sur son ordinateur. Habités par la douce musique de Phonophani, on découvre, amusé, lorsqu’on se redresse pour l’applaudir à l’issue de son concert, qu’il a quitté l’estrade depuis quelques minutes, laissant son laptop finir seul sa prestation.

Bien installés, nous décidons de rester un peu pour apprécier la diffusion de musique maintenant proposée. Malheureusement, au bout d’une grosse heure, nous jetons l’éponge, n’ayant jamais réussi à entrer dans cette succession de titres peu intéressants, sans véritable liant entre eux et manquant cruellement d’un complément visuel.

François Bousquet
le 17/09/2003

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