Michel Blazy : Le Grand Restaurant

 date

du 20/09/2012 au 18/11/2012

 salle

Le Plateau / FRAC Île-de-France,
Paris

 appréciation
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Le Plateau / FRAC Île-de-France / Michel Blazy

 liens

Le Plateau / FRAC Île-de-France

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L’anniversaire du Plateau (le centre d’art fête cet automne ses dix ans) est l’occasion d’accueillir une personnalité française plutôt identifiée, tant les sculptures et installations de Michel Blazy sont souvent rencontrées ces dernières années. De fait, son travail sur les aliments en décrépitude ou sur les végétaux en train de pousser, par son caractère à la fois spectaculaire et évolutif, se trouve régulièrement montré dans les grandes manifestations.

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Lâcher d’escargots sur moquette marron
(courtesy Galerie Art Concept)

Avec cette nouvelle monographie, c’est donc sans réelle surprise qu’on retrouve l’attrait du plasticien pour le développement, marque de son refus que ses œuvres restent sur place, interventions en perpétuelle mutation. Qu’il s’agisse ainsi de plantes et fruits (avocat , orange, lentilles), d’animaux (escargots dont la bave recouvre de grands lais de moquette marron) ou d’aliments confectionnés (un gâteau d’anniversaire trônant, fort logiquement, dans le hall d’entrée du Plateau), Michel Blazy joue sur la métamorphose progressive de ses créations, attendant la putréfaction des unes (oranges, lentilles), la pousse (avocat) ou l’effondrement (gâteau) des autres.

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Avocat
(courtesy Galerie Art Concept)

Parfois déconcertant, souvent répétitif (l’exploration de la dégénérescence et de l’agonie semble constituer son unique fil rouge depuis qu’on suit le Français), à la limite quelque fois du performatif, le travail de Blazy témoigne néanmoins d’une grande attention portée à son environnement (utilisation massive de la faune et de la flore) et à la manière de l’agencer pour assurer la vie de ses œuvres (mise en place de conditions optimales d’humidité pour aider la pousse de l’avocat, aspersion de bière sur la moquette pour susciter le déplacement des escargots…).

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Sculpcure : bar à oranges
(courtesy Galerie Art Concept)

Fort de ce constat, on pourra également relever que le plasticien convoque les cinq sens humains dans son exposition : vue évidemment, mais aussi ouïe (le son des vidéos), goût (le spectateur est invité à se presser son propre jus d’oranges ou à déguster un carpaccio de viande tout en servant de repas à des moustiques), odeur (celle des pelures d’oranges, conservées après usages, en décomposition) et toucher (les aliments susmentionnés).

François Bousquet
le 07/11/2012

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