Matt Elliott - Emak Bakia - Chris Cole

 date du concert

15/11/2003

 salle

Sidecar,
Barcelone

 tags

Emak Bakia / Manyfingers / Matt Elliott / Sidecar / The Third Eye Foundation

 liens

The Third Eye Foundation
Matt Elliott
Manyfingers

Profitant d’un séjour en Catalogne, nous nous rendîmes en ce doux samedi soir de novembre au Sidecar, bar-salle de concert de la Plaça Reial, qui prévoyait ce soir-là des sets d’Emak Bakia et de Matt Elliott. Si nous avions déjà vu deux fois le natif de Bristol, cette soirée barcelonaise était l’occasion de découvrir en live Emak Bakia, duo madrilène formé par deux anciens membres de Migala.

A la surprise générale, monta tout d’abord sur scène Chris Cole, cet ancien compagnon de Movietone qui accompagne Matt Elliott dans ses prestations lives, pour un concert personnel d’une vingtaine de minutes, sous l’alias Manyfingers, malheureusement handicapé par de gros problèmes de sons qui occasionnèrent de nombreux larsens. Dans un style assez proche de celui de son compère, le bristolien superposa boucles de guitares, notes de claviers et rythmiques réalisées en direct en tapant sur une caisse en bois.

Ensuite, ce fut au tour d’Emak Bakia de passer sur scène pour une bonne prestation, alternant morceaux apaisés proches de Migala (guitare délicate, voix profonde, forte sensibilité) et titres avec un important apport électronique. En effet, pendant qu’un des deux membres avait une main sur un séquenceur et l’autre sur la souris de son laptop, l’autre tirait de son clavier des mélodies aux sonorités rétro ou quasi robotiques et traitait sa propre voix à l’aide d’une série d’effets. Aussi à l’aise dans le calme et l’introspection que dans les passages plus enlevés, le duo espagnol ravit l’assistance et confirma le bien que l’on pensait d’eux à l’écoute de leurs disques.

Tête d’affiche de la soirée, Matt Elliott débuta son set par The Sinking Ship Song, sa mélodie toute simple et ses boucles vocales. Bien soutenu par le violoncelle de Chris Cole (au passage, on saluera le mixage qui nous permit de distinguer véritablement le rôle joué par ce dernier, chose qui ne fut pas autant le cas lors de son passage parisien en mai dernier), l’anglais se saisit donc du micro pour superposer vocalises musicales et phrases chantées, quelques lampées de whisky l’aidant à figurer parfaitement l’ambiance délibérément ivre de la chanson. Après que Chris, encore plus éméché que Matt, se soit excusé, dès la fin de ce titre inaugural, pour le reste du concert, précisant que tous les problèmes à venir lui seraient entièrement imputables, les deux musiciens entamèrent Borderline Schyzophrenic où Chris accompagna les boucles de Matt de rythmiques syncopées jouées sur une caisse claire qu’il fit valdinguer à la fin du morceau. Enchaînant par la suite titres instrumentaux (on remarqua, parmi ceux-ci, une très jolie pièce basée sur une mélodie effectuée au piano) et morceaux chantés, les deux comparses terminèrent un set où on regretta l’absence du très bon Forty Days par Cotard’s Syndrome et son déluge final drum’n’bass digne de la meilleure époque de « l’autre vie » de Matt Elliott.

François Bousquet
le 17/11/2003

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