Leaftcutter John - Un Caddie Renversé dans l’Herbe - Octet

 date du concert

30/11/2003

 salle

Confluences,
Paris

 tags

Buxtehude / Confluences / Leafcutter John / Un Caddie Renversé dans l’Herbe

 liens

Leafcutter John
Un Caddie Renversé dans l’Herbe
Confluences

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Rendez-vous mensuel à Confluences avec comme toujours une bonne occasion de faire le déplacement. Aujourd’hui il y avait Leafcutter John que l’on était enthousiaste de découvrir en live suite à son excellent album, mais aussi Un Caddie Renversé dans l’Herbe que l’on voyait également pour la première fois en concert si l’on excepte le peu que l’on en a vu en début d’année à Hasselt lors du festival (K-Raa-k).

C’est d’ailleurs Un Caddie Renversé dans l’Herbe qui avait la charge de débuter la soirée. Le jeune espagnol se présente, avec une petite note d’humour quant à son nom de projet qu’il ne sait pas prononcer correctement. Son set sera très proche de son récent mini-CD sorti chez Dekorder : ultra mélodique tendance répétitif, superposition de boucles de laptop et d’instruments traditionnels africains (mbira, kalimba) pour des compositions généralement épurées. L’ensemble est joli, agréable et doux, mais comme sur son disque, on trouvera qu’il manque un petit quelque chose pour adhérer totalement. Manque de variations peut-être, qui au bout de quelques morceaux menace de provoquer un certain ennui.

Une petite pause, et on enchaîne avec Octet que l’on avait déjà pu voir à Pompidou, à l’époque sous le nom de Buxtehude et qui nous avait fait une excellente impression. Depuis, le groupe a donc changé de nom, et a sorti un album chez Diamond Traxx, sous forme d’une compilation de leurs premiers titres composés sous le nom de Buxtehude. Peut-être est-ce l’effet Diamond Traxx, mais on est aujourd’hui beaucoup plus mitigé à propos de ce projet.
En fait, en général ça s’écoute plutôt bien, c’est pas désagréable mais pas très intéressant non plus. Electronica généralement mélodique, quelques titres chantés et parfois un morceau plus fin et de toute beauté, pour finir par une brève impro noisy.

La surprise ce soir, c’est bien du côté de Leafcutter John qu’il fallu l’attendre. John Burton ne ressemble pas à celui qu’on attendait. Frêle, cheveux long, il aborde son concert de musique faussement savante avec humour, nous prend au dépourvu. Il remet ainsi les compteurs à zéro, on range nos a priori positifs et on reconsidère le sujet.
Il commence par nous demander si l’on voit bien sa poitrine. Sous sa chemise blanche, il est en effet affublé d’une fausse poitrine, et en touchant ces faux seins il déclenche des sons. On pensera à une supercherie quelconque, mais il reprendra régulièrement ces manipulations tout au long du concert nous laissant perplexe à ce sujet. Les sonorités qu’il lance forment une musique électroacoustique, expérimentale. Face à lui trônent deux laptop, et un tonneau à sa droite sur lequel il fait tomber divers objets dont les bruits se mêlent aux sons enregistrés. Petit à petit se forme une musique plus construite, plus électronique aussi, se rapprochant de l’electronica, puis se mettant au chant, il termine par une pop mélancolique et tourmentée, bouleversante, comme en font Leonard Cohen ou Nick Cave. Il s’est alors passé un quart d’heure, et il reprendra la même formule dans une deuxième partie : début électroacoustique, transition électronique et final pop, tout aussi réussie.
Pour la dernière séquence sur laquelle Un Caddie Renversé dans l’Herbe fut invité à improviser, il fit une pause juste avant d’aborder la partie pop, la présentant comme un nouveau morceau qu’il espérait pouvoir interpréter sans faute. Les laptops font défiler la musique tandis que John se concentre sur le chant. Une voix exceptionnelle, douce, montant dans les aigus et toujours empreinte d’une certaine douleur, sur une rythmique typiquement electronica.
Cela aurait pu s’arrêter là, on était déjà subjugué par tant de finesse et de sensibilité, mais logiquement le public en redemande. John revient dans la salle, et demande au public de se lever. Celui-ci prêt à tout lui accorder obéit et se lève. Il nous demande alors de le suivre. On est intrigué, tout le monde se regarde en se demandant ce qui va se passer. Il nous emmène ainsi dans les loges. Quand on entre Leafcutter John est déjà assis au piano, le public prenant place tout autour de lui. Il nous demande alors de lui donner une idée, un sujet, à partir duquel il se met à improviser une chanson. Les textes sont forcément ridicules, la musique tient la route, le public est amusé par les paroles, le pari est déjà réussi. On aura ainsi droit à deux courts morceaux, après quoi il nous invitera à quitter la salle. Il prend les devants, nous attend à la sortie des loges, et dit au revoir à chaque spectateur en lui serrant la main.
Tout simplement magique.

Fabrice ALLARD
le 14/12/2003

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