François Curlet : Fugu

 date

du 27/02/2013 au 20/05/2013

 salle

Palais de Tokyo,
Paris

 appréciation
 tags

François Curlet / Palais de Tokyo

 liens

Palais de Tokyo

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Le détournement d’objets est un procédé extrêmement couru chez les plasticiens contemporains, qu’il s’agisse de mettre en place un ready-made ou d’opérer dans une forme ironique. Spécialiste de ce type d’approche, François Curlet la convoque majoritairement dans la monographie que lui consacre le Palais de Tokyo dans l’un des espaces du sous-sol, ensemble de belle taille et permettant d’appréhender correctement le travail du Français exilé à Bruxelles depuis quelques années.

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Vue de l’exposition

De fait, il s’agit pour Curlet de partir de signes de notre quotidien ou de notre patrimoine culturel pour les façonner à son gré : panneau de signalisation « walk/don’t walk » qui devient Moon Walk, scénario storyboardé puis filmé intitulé Jonathan Livingston et fondé sur le film Harold et Maude, cube des minimalistes états-uniens auquel il adjoint une petite antenne surgissant de temps en temps (American Dino - Œuf de Voiture). Au-delà de cette méthode, le Français opère également par transformation ou reconfection artisanale d’un objet préexistant. Ainsi peut-il adjoindre deux verres déformants à sa Vitrine, armoire vitrée, réaliser un Moteur en osier, fabriquer un logo Leader Price à base de dessus de tables en formica ou produire une Djellaba Adidas, croisement entre le vêtement traditionnel et la marque aux trois bandes.

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Rorschach Saloon
(courtesy Galerie Air de Paris)

Décalé, ce geste dit le recul avec lequel François Curlet envisage le monde qui l’entoure, recul qu’on peut retrouver dans la fascination développée pour la mort et les œuvres-tombeaux. Une Jaguar reconvertie en corbillard accueille, par exemple, le spectateur à l’entrée de l’exposition, un poste de télévision façon pierre tombale en granit et marbre trône au centre de la première pièce, une installation se veut évocation de l’appartement du Paster Pandy, serial killer bruxellois et on peut même raccrocher à cette thématique le Bunker pour six œufs en béton, à la fois coque de protection renforcée mais aussi forme de crypte mortuaire. Pour quitter l’univers de Curlet et retourner dans le monde « normal », le plasticien nous invite à passer dans le Rorschach Saloon, sas de décompression dans lequel les célèbres taches recouvrent les murs tandis que vodka et whisky sont proposés au visiteur pour ouvrir un peu plus ses sens.

François Bousquet
le 15/05/2013

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