Festival Rhâââ Lovely 2004 : Arca / aMute / Berg Sans Nipple / Migala / Pi8

 date du concert

10/04/2004

 salle

Ecole St Martin,
Cortil Wodon, Belgique

 tags

A.N.A.L.E.P.T. / aMute / Arca / Berg Sans Nipple / Ecole St Martin / Explosions in the Sky / Festival Rhâââ Lovely 2004 / Migala / Pi8 / Shipping News / Sullen Memory / Sylvain Chauveau / Tom Sweetlove / Wixel

 liens

Berg Sans Nipple
Sylvain Chauveau
Explosions in the Sky
Arca
Festival Rhâââ Lovely 2004
Tom Sweetlove
aMute

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Petit déplacement en Belgique à l’occasion du Rhâââ Lovely festival où se produisaient quelques têtes d’affiche à voir comme Migala, Explosions in the Sky ou les incontournables Berg Sans Nipple que tout parisien connaît. D’un autre côté était aménagée une tente dédiée au jeune label belge Carte Postale qui, à l’occasion de la sortie de leur compilation, présentaient une bonne partie de leurs artistes maisons. Cela nous faisait donc deux bonnes raisons de faire le déplacement, même si au final l’une des deux s’avéra un peu vaine.

Après l’incontournable petit tour des disquaires locaux, nous voici partis en rase campagne, à la recherche de ce festival qui se déroulait, comme l’an dernier, dans l’école d’un petit village. Une sorte de "salle des fêtes" haute de plafond et à l’acoustique médiocre, en particulier quand peu de monde était dans celle-ci.
Les deux premiers artistes de la grande salle venaient tous les deux de chez Matamore Recordings. On ratera Raymondo et on arrivera juste à temps pour Tom Sweetlove dont nous avions eu de bons échos. La déception fut à la hauteur de ces éloges, nous en attendions donc peut-être trop. Le point positif, c’est la variété des instrumentations, passant d’un morceau post-rock à un autre carrément pop avec deux chanteuses. Mais on sera gêné par l’acoustique de la salle, et manque de chance, une coupure de courant viendra interrompre un titre.
Le problème qui nous marqua à ce moment et qui reviendra tout au long du festival, c’est que presque chaque groupe semble parodier son voisin, chacun allant de ses croisements de guitares cristallines, de ses montées rageuses, et de ses mélodies gnangnan de mélodica. On fera donc un petit blocage quand Tom Sweetlove se lancera dans un duo au melodica...

On passe vite à la tente Carte Postale pour voir Sullen Memory, premier live du label. Un jeune homme tout seul assis derrière une table d’écolier recouverte de machines. Il nous propose un abstract hip-hop pas désagréable qui évolua au fil de son set vers un son plus clair, plus proche d’une electronica classique. Sympathique en général, mais on sera un peu gêné par l’impression qu’il ne faisait pas grand chose sur scène.
Retour au chaud pour un concert dont on attendait beaucoup et qui ne nous déçu pas, à savoir celui d’Arca. On ne connaissait que le premier album du groupe, un parmi d’autres projets de Sylvain Chauveau, et ce concert intégrait aussi bien des titres récents que les meilleurs morceaux de Cinématique. On fut donc comblé par ce mélange à la fois langoureux et énergique, dense mais éclairé par une petite mélodie de glockenspiel, et où l’électronique est parfaitement intégrée. Ayant raté leurs prestations parisiennes, on se décide à ne pas rater les prochaines puisque ce concert fut un peu trop court à notre goût.

Retour chez Carte Postale qui donne aussi dans le post-rock avec ici Wixel qui fut également une bonne surprise. Disons surtout que face aux groupes post-rock de la grande salle, ces belges apportaient un peu de fraîcheur. Si les croisements et superpositions de guitares limpides étaient là, ils n’hésitent pas à parsemer leur douce musique de glitchs abruptes, agressifs, et on retiendra un titre sur lequel les guitares s’éteignent petit à petit pour laisser place aux machines qui prolongent la même mélodie.
On fera un tour à la grande salle pour voir Souvaris, mais on ne restera pas longtemps. Juste assez pour trouver les passages calmes ennuyeux, tournant en rond, et les séquences nerveuses particulièrement efficaces, mais on sera profondément gêné par l’aspect démonstratif de celles-ci.
Du coup on retournera sous la tente Carte Postale et on attendra le live de aMute dont on attendait également beaucoup suite à l’écoute de la compilation du label sur laquelle on trouve un titre de Jérôme Deuson. Face aux grosses machines de la grande salle c’est encore ce genre de projet musical qui nous touchera le plus, humain et fragile. On le comparera un peu facilement à Mitchell Akiyama puisque c’est sur Intr_version que vient de sortir son premier album. On retrouve de lentes mélodies de guitares traitées en direct, parsemées de glitchs et textures granuleuse, un mélange de toute beauté, une musique ambient particulièrement fine habitée par une mélancolie latente. Notre coup de coeur du festival, et un artiste à suivre.

On arrivera pendant le live de Berg sans Nipple qui de toute façon ne nous intéressait guère. On les voit régulièrement sur Paris dans de bien plus petites salles (et donc meilleures conditions), avec toujours le souvenir de leur premier concert aux Instants Chavirés qui reste pour nous inégalé. On sera juste surpris ici par le son très franc, la batterie sèche et le jeu appuyé des claviers retro.
Quelques minutes du DJ set d’Armatt chez Carte Postale et on ira vite dans la salle principale pour la grand messe orchestrée par Explosions in the Sky. On a beau être là en avance, le concert a déjà commencé et tous les festivaliers sont là. On restera là pas loin d’une demi-heure en attendant qu’il se passe quelque chose et puis on jettera l’éponge après avoir désespérément cherché un intérêt à la chose mis à part le phénomène de foire. On a du rater un épisode...
Du coup retour au frais qui commence à se transformer en froid sous la tente du label belge. Nim se prépare pour son DJ set, et en attendant une boucle minimale, faite d’une note synthétique et de clicks nous sert d’amuse-gueule. Son set commence dans cette lignée, expérimentale mais touchante, et évoluera petit à petit vers quelque chose de plus classique, façon electronica mélodique et pop avec Lali Puna, et des remixes de Mum et Björk. Un superbe set, absolument sans faute, servi par des visuels accompagnant parfaitement sa musique.

La fatigue commence alors à se faire d’autant plus sentir qu’il est difficile de s’asseoir. Du coup Shipping News nous réveillerons un peu avec d’abord un son très dur, très rock quand on arriva dans la salle, puis plus tard avec un rock aéré mais franc, nous faisant penser à un math-rock plus nuancé et ils nous laisseront au final plutôt une bonne impression.
Dernier concert ensuite du côté de chez Carte Postale avec Analept. Sur le devant de la scène une table d’écolier recouverte de machines clignotantes que manipule un jeune homme certainement très joueur. Son electronica nous paraît bricolée et bariolée et on sera d’abord un peu gêné par le manque de construction d’un concert qui nous paru particulièrement fragile, où le hasard semble prendre une place importante. Et puis petit à petit Analept donne l’impression de maîtriser ses machines et délivre quelques jolis morceau d’electronica mélodique aux sonorités un peu datées.

Dernière ligne droite enfin avec Migala que l’on qualifiera de deuxième tête d’affiche puisque malgré l’heure avancé le public est encore présent en nombre, bien qu’un peu plus aéré. Les espagnols délivrèrent un honnête concert d’une musique proche des Tindersticks avec une chaleur latine et un son un peu plus rock. On retiendra surtout les visuels, extraits de vieux films et westerns noir et blanc qui s’accordaient étrangement bien à leur musique. Un concert sympathique mais qui ne nous convaincra pas suffisamment pour passer à l’achat de disques.
Pour finir, alors que tout le monde est parti, c’est Pi8 du label Carte Postale qui se produit sur la grande scène. Son concert était sensiblement le même qu’à Paris en novembre dernier avec en plus un premier morceau très rythmique et répétitif. On appréciera d’ailleurs ces expérimentations rythmiques alors que le reste de son set se situe dans une droite lignée electronica mélodique avec toutefois des rythmiques mécaniques aux sonorités rugueuses. Un grand écran était placé devant la scène sur lequel un film se déroulait en parfaite synchro avec la musique. Ce film joue beaucoup sur l’appréciation que l’on a de ce concert, dévoilant les déambulations sautillantes d’une jeune fille qui soit naturellement, soit via les artifices du montage, se trémousse sur cette musique et invite les spectateurs à faire de même.

Au final, le bilan est positif pour le label Carte Postale, dans la mesure ou on venait pour découvrir ses artistes et que nous ne fûmes pas déçu. Du côté post-rock, on en arrivera juste à la conclusion que la programmation du festival était trop homogène, provoquant chez nous en tout cas un véritable effet de saturation.

Fabrice ALLARD
le 13/04/2004

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