Huang Yong Ping : Les Mues

 date

du 27/06/2014 au 02/11/2014

 salle

HAB Galerie,
Nantes

 appréciation
 tags

HAB Galerie / Huang Yong Ping

 liens

HAB Galerie

 dans la même rubrique
du 26/04/2017 au 14/08/2017
Walker Evans
(Centre Pompidou)
du 01/07/2017 au 20/08/2017
Laurent Pernot : Pas de Rose pour l’Infini
(Passage Sainte-Croix)
du 18/05/2017 au 23/07/2017
Kaye Donachie : Sous les nuages de ses paupières
(Le Plateau / FRAC Île-de-France)
du 23/05/2017 au 01/07/2017
Ida Tursic & Wilfried Mille : Bianco Bichon, Nero Madonna, e (...)
(Fondation d’entreprise Ricard)

Comme chaque été, la HAB Galerie offre ses murs à l’un des artistes d’Estuaire, cette collection permanente d’œuvres disposées le long de la Loire, de Nantes à Saint-Nazaire. Après l’excellente rétrospective de Felice Varini vue l’an passé, c’est Huang Yong Ping (auteur du Serpent d’Océan, qui se découvre après le pont de Saint-Nazaire, côté Saint-Brévin-les-Pins) qui bénéficie d’une monographie permettant de faire le point sur les thématiques prisées du Chinois, installé à Paris depuis plusieurs années.

JPEG - 88.8 ko
Ni Hao Ni Hao
(courtesy Galerie Kamel Mennour)

Précisément, afin de faire le lien avec l’œuvre pérenne installée in situ, une peau de serpent, longue de 120 mètres (comme le Serpent d’Océan) file dans l’ensemble des espaces de la HAB Galerie, tandis que l’un des recoins du lieu abrite une maquette de ce Serpent d’Océan. Le gigantisme des propositions et le symbolisme animalier sont ainsi affirmés comme composantes essentielles du travail de Huang Yong Ping. Y font écho, plus loin, les chimères, le tigre et le serpent de Commencer en tête de serpent et finir en queue de tigre, l’éléphant blanc foulant une peau de buffle positionné dans le sas d’entrée (Ombre blanche) ou bien le rhinocéros découpé en trois parties dans le sens de la longueur (Ni Hao Ni Hao).

Enfermé dans une caisse, retourné sur lui-même et au corps rempli de minerais de chrome et de charbon, ce rhinocéros évoque également la disparition progressive des espèces animales, sous l’influence des humains qui leur imposent leurs mues. Pour autant, le plasticien a bien conscience que cette situation ne pourra durer et que la nature, à défaut du règne animal, finira par reprendre le dessus. Ainsi en est-il, par exemple, des catastrophes naturelles qui viendront, inévitablement selon lui, dévaster certains endroits du globe : Carte du Monde, mappemonde pelée comme une orange et constellée de petits drapeaux anticipant sur de futures catastrophes (sécheresse, raz de marée, séismes…).

JPEG - 122.7 ko
Huit chevaux de Léonard de Vinci déchirant un porte-avions
(courtesy Galerie Kamel Mennour)

La chute des empires contemporains est alors assurément programmée, à l’image de Banque de sable, sable de banque, réplique de la première branque britannique installée à Shanghai qui, réalisée en sable, s’effrite immanquablement. La course à l’armement a beau être lancée (Huit chevaux de Léonard de Vinci déchirant un porte-avions confronte ainsi des chevaux protégés d’une armure à une maquette de porte-avions), il n’est pas certain que les créations humaines l’emportent en définitive, une chauve-souris pouvant dévorer une aile d’un avion espion américain (Trois ailes).

François Bousquet
le 04/09/2014

À lire également

du 01/07/2016 au 02/11/2016
Ange Leccia : La Mer (...)
(HAB Galerie)
du 28/02/2014 au 11/05/2014
Bruno Peinado : L’Écho /
(HAB Galerie)
du 12/10/2013 au 05/01/2014
De Leur Temps (4)
(HAB Galerie)
du 28/03/2015 au 24/05/2015
Ouverture pour Inventaire
(HAB Galerie)