Fennesz

 date du concert

11/05/2004

 salle

Stazione Leopolda,
Florence

 tags

Fennesz / Stazione Leopolda

 liens

Fennesz

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Fennesz doit avoir un petit faible pour l’Italie. Après son récent album consacré à Venise, il s’organise tous les mois un petit séjour dans une ville italienne, Bologne en avril, et Florence en mai. On le comprend, il y a des destinations plus désagréables. Le concert de Florence a lieu à la Stazione Leopolda, une ancienne gare aujourd’hui affectée à des expositions et des spectacles dont le principal point commun semble être de revendiquer une certaine post-modernité.

L’installation est sommaire : une table sur une scène trop grande, et un écran au fond. Y seront projetées des vidéos de John Wozencroft, toutes en rapport avec l’eau et Venise : palais de la place San Marco se reflétant dans l’eau, têtes de lion sculptées qui crachent de l’eau dans un canal, ou simplement les ondulations de la surface de la lagune. On connaissait son travail de photographe à travers les pochettes du label Touch, on s’aperçoit que son esthétique de vidéaste est très proche de celle du label électronique anglais : l’attention macroscopique aux détails les révèlent sous un point de vue nouveau et les mouvements enregistrés sont minimalistes et répétitifs comme les musiques du même nom.

La musique commence à s’élever doucement. Pour son dernier album, Fennesz a abandonné les éclats de mélodie poppy qui ont fait le succès de Endless Summer, pour retourner vers une version plus brute des sons de guitare
dont est composée sa musique, mais de manière parfois un peu trop calme : on aurait aimé un peu plus de rage. On craint donc un peu de ne pas se sentir entraînés par le concert. Heureusement, des petits grésillements viennent très vite perturber la douce monotonie des nappes de drone, et nous rassurer par la même occasion. Fennesz use souvent du même tour : il laisse le public accrocher un fil rythmique ou mélodique, et joue ensuite à le rendre de plus en plus ténu, à le cacher par des larsens déferlants, pour ensuite y revenir quand on le croyait perdu.

De plus, c’est appréciable, on n’a pas l’impression qu’il se contente d’appuyer sur la touche play de son laptop. Il s’en sert finalement peu, peut-être simplement comme banque de sons, et passe le plus clair de son temps à triturer son Pod pour régler les différents effets infligés à la musique et à jouer avec la table de mixage pour doser les nappes sonores. Et surtout, c’est la grande nouveauté par rapport aux concerts de ces dernières années, il passe la guitare en bandoulière sur un des morceaux : du vrai rock’n’roll.

Bertrand Le Saux, Soizig Le Calvez
le 07/06/2004

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