Sans Objet

 chorégraphe

Aurélien Bory

 date

du 14/07/2015 au 02/08/2015

 salle

Théâtre de la Cité Internationale,
Paris

 appréciation
 tags

Aurélien Bory / Théâtre de la Cité Internationale

 liens

Théâtre de la Cité Internationale

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À l’instar de Plan B, relaté sur ces pages dix ans après sa création, Sans Objet, autre spectacle d’Aurélien Bory, tourne depuis ses débuts en 2010. Il faut dire que les propositions du Français sont suffisamment intemporelles pour pouvoir plaire sur la longueur et que leur caractère très ludique et abordable suscite une large adhésion. Nouvel exemple avec Sans Objet, donc, pour lequel la réflexion de Bory est partie d’une machine-robot, récupérée dans un atelier mécanique de l’industrie automobile et customisé à loisir ensuite. Placé sur une estrade, l’appareil est, au début, recouvert d’une grande bâche en plastique sombre, que deux interprètes vont ôter avant d’évoluer de concert sur le plateau.

Au-delà de l’attendue, et un peu facile, opposition hommes/machine (quand les acrobates s’accrochent au robot ou bien lorsqu’ils paraissent dialoguer avec le souffle et les bruits de celui-ci), on sera frappé par la très rapide transformation de la machine, qui, à force de mimiques (notamment d’une de ses extrémités, affublée de deux ampoules, qui ressemble à une tête) s’anthropomorphise à vue d’œil. Même quand le robot est sous la bâche (élément très important du spectacle, la fin le prouvera), le jeu sur le drapé et la torsion de celle-ci, combiné aux éclairages d’Arno Veyrat qui projettent son ombre sur le mur, renforcent ce sentiment de voir une silhouette humaine se découper.

Comme souvent avec ce type de création, entre danse, théâtre visuel et cirque, burlesque et humour sont convoqués : la tête de la machine se colle, par exemple, aux plaques composant l’estrade et les fait bouger latéralement, faisant perdre l’équilibre aux intervenants, sous les rires de l’assistance. Pour accompagner cet ensemble, la musique de Joan Cambon (moitié d’Arca, aux côtés de Sylvain Chauveau), entièrement composée à la basse, se fait belle et enveloppante, parcourue de quelques glitchs plus métalliques et industriels dont on ne sait s’ils ne seraient pas l’amplification du bruit du robot.

À la fin du spectacle, et sans trop dévoiler ce qui s’y déroule, les danseurs semblent avoir été phagocytés par la machine qui paraît, néanmoins, leur laisser un répit mais le réintègre vite, comme si elle les ingérait véritablement et que, dans cet échange/combat, le résultat était couru d’avance.

Autres dates :
-  24 novembre 2015 : Théâtre Forum - Meylin
-  18 mars 2016 : De Warande Theater - Turnhout

François Bousquet
le 17/07/2015

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