Domotic / Melmac / Ecoplan

 date du concert

30/06/2004

 salle

Guinguette Pirate,
Paris

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Domotic / Ecoplan / Guinguette Pirate / Melmac

 liens

Melmac
Ecoplan
Guinguette Pirate

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Belle affiche ce soir à la Guinguette Pirate, avec Melmac, les deux frères Reverter qui nous ont fait un superbe concert au Placard il y a un mois, Domotic que l’on avait pas vu depuis un petit moment et dont on attendait un concert assez carré après les avoir vu sur de nombreuses collaborations plus expérimentales, et pour commencer, Ecoplan que l’on découvrait pour l’occasion, le programme annonçant qu’il s’agissait là d’un projet electronica.

Ecoplan est le projet de Luc Hespel, aidé ici sur scène par le groupe Colapsus avec guitare et clavier, Luc au centre étant entouré de machines. On est tout de suite assez enthousiasmé par le premier morceau, peut-être par pure nostalgie, pour les références que l’on peut y voir. Douceur des grosses nappes de synthé tournoyantes, jolie construction et dosage de la rythmique, et sample d’un passage de Blade Runner, le tout nous faisant penser à un groupe post-Autechre qui utiliserait les synthés de Jean-Michel Jarre. On sera d’ailleurs toujours partagé sur la musique d’Ecoplan, et on aura du mal à porter un jugement définitif (ce n’est pas non plus le but). On discerne un potentiel certain : de nombreux morceaux font preuve d’une parfaite maîtrise technique, mélodie et rythmique parfaitement dosées, mais le groupe semble avoir du mal à se détacher de ses maîtres et trouver sa propre voix. On sera également un peu gêné de voir quelques titres ou le mélange des instruments n’a plus lieu (il n’y a presque que la guitare sur le deuxième morceau) alors que c’est justement dans le mélange des genres que le groupe devrait creuser et trouver sa voie. D’ailleurs on verra ce concert comme un seul groupe (une fusion d’Ecoplan et Colapsus) plutôt que de Colapsus accompagnant Ecoplan. L’utilisation de la voix, intéressante mais pas du tout maîtrisée sur un très beau titre calme en milieu de concert fut également regrettable sur un concert pratiquement sans faute. Là aussi il y a moyen de faire quelque chose de très bien, à l’image du dernier morceau au chant pop sur notes de guitare et nappage de synthé. Lente monté, explosion rythmique et voix déchirée. De toute beauté, bien que la voix ne soit pas toujours bien placée, façon indie-pop flirtant par moment avec la variété.
Par contre, malgré toutes ces petites réserves, ce fut un excellent concert, une jolie découverte, sûrement parce que le groupe visiblement heureux de jouer, faisait preuve d’une sincérité qui faisait plaisir à voir. Gros coup de coeur donc, pour un groupe que l’on tachera de suivre à l’avenir.

Petite surprise dans le déroulement de la soirée puisque c’est Domotic qui prend le relais, ce soir en duo, tout deux habillés de combinaisons blanches, avec un petit écran sur la gauche pour les projections. Mis à part le premier morceau, une version live de leur dernier maxi Smiles Again, pas de grosses surprises. Comme on s’y attendait, ce fut un concert très carré, avec des morceaux que l’on a l’impression de connaître par coeur et dont on s’est lassé avec le temps. On attendra donc de nouvelles productions de Domotic avant de les revoir en concert.
A noter toutefois quelques belles réussites pour les visuels, alternant souvenirs de vacances en Super 8 et astucieux montage décrivant un morceau, en annonçant l’arrivée des instruments.

Pour finir, Melmac donc, que l’on avait pas vu depuis un petit moment et que l’on retrouvait au Placard fin mai. Ce fut une grosse surprise, et on voulait donc les revoir dans un cadre un peu plus classique, espérant au moins un concert équivalent. Partir avec de telles exigences est certes une erreur, surtout pour un concert qui d’une fois sur l’autre peut complètement varier en fonction d’une multitude de paramètres. Et justement, ce soir, nous avons eu l’impression que les deux frères Reverter n’était pas au mieux de leur forme. Quelques couacs et approximations, et des coups de "pas de chance" comme les lamelles du glockenspiel qui tentent de se faire la malle. Si les Melmac prennent un grand soin à enchaîner les morceaux, on sera gêné par le systématisme d’une succession trop visible de morceaux et de transitions. Peut-être cette impression est-elle due également à leur présence scénique : systématiquement tous les deux à la guitare sur les morceaux à proprement parlé, l’un d’eux se lève pour s’occuper de la transition pendant que l’autre termine le titre en cours. Morceaux qui donc répétaient les égrenages et croisements de notes de guitare, et parfois des montées que l’on sent venir, et dont on regrettera le manque de variations.
Pas un mauvais concert, on retrouvait de toute façon quelques beaux arrangements mélodiques, mais il manquait ce soir la petit dose de magie, peut-être la légère brise qui venait nous caresser le visage pendant leur prestation du Placard.

Fabrice ALLARD
le 01/07/2004

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