The Third Eye Foundation / Mono

 date du concert

03/07/2004

 salle

Nouveau Casino,
Paris

 tags

Matt Elliott / Mono / Nouveau Casino / The Third Eye Foundation

 liens

The Third Eye Foundation
Matt Elliott
Mono
Nouveau Casino

Bien que tournant fréquemment en Europe occidentale et plus particulièrement en France, nous n’avions jamais encore vu les japonais de Mono sur scène. Ce premier samedi de juillet était donc l’occasion de rattraper cet impair et, dans le même temps, une excellente opportunité de retrouver The Third Eye Foundation, Matt Elliott ayant décidé d’alterner apparitions et disques sous son propre nom et sous ce pseudo (à l’instar de son prochain album, à paraître à la rentrée, chez Ici d’Ailleurs).

D’entrée, on fut en terrain connu avec l’habituelle drum’n’bass à tendance mystique de l’anglais : savante polyrythmique, cadences torturées, voix féminines fantomatiques et mélodies concassées. Le climat se calma quelque peu sur le deuxième morceau où il nous sembla reconnaître une boucle mélodique d’un des albums de The Third Eye Foundation avant que le tout ne reparte de plus belle démontrant, une fois encore, la facilité avec laquelle Matt Elliott fait se succéder breaks soudains et passages tendus. Même si entendre la musique du bristolien est toujours un plaisir, il fallut attendre une vingtaine de minutes pour qu’un morceau un peu différent de ce qu’il faisait auparavant n’intervienne : plus proche d’une certaine electronica mélodique (rythmiques moins marquées, nappes en arrière-plan), ce titre ne se dévoila, en outre, pas dès le début, s’échafaudant petit à petit, accueillant progressivement mélodies et pulsations. L’atmosphère s’étant complètement apaisée, Matt Elliott nous proposa alors un titre issu de son répertoire "personnel" : Cotard’s Syndrome, son début au piano et son déluge final drum’n’bass, idéal trait d’union entre les deux facettes du travail du musicien britannique. D’aucuns purent alors regretter qu’à l’inverse de ses concerts sous son nom propre, la dimension "vivante" était complètement gommée dans ce set où il ne délogea pas de derrière son laptop ; mais quand la musique est à ce point envoûtante, on se passe largement de support visuel.

Ce fut ensuite au tour du quatuor japonais de prendre place, nimbé d’un nuage de fumée, les deux guitaristes assis sur des chaises et entourant la bassiste, positionnée debout au centre de la scène. Proposant un post-rock épique à l’ascendante installation, Mono débuta son premier morceau par des lamenti de guitare avant que la batterie n’éclate, que la basse ne redouble et que les six-cordes ne se tendent. Ne sortant guère des canons du genre, mais sachant toutefois ménager une plage quasi ambient au milieu du set, la musique des japonais souffrit, de plus, d’un certain détachement de leur part, comme s’ils restaient extérieurs à ce qu’ils interprétaient (peut-être à cause de leur fatigante et incessante tournée ?). Cependant, on fut, à plusieurs reprises, transporté par ces montées captivantes, abasourdi par ces déchaînements instrumentaux ou ému par le caractère aérien des passages lents.

François Bousquet
le 22/07/2004

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