Route du Rock 2004

 date du concert

du 13/08/2004 au 15/08/2004

 salle

Fort de St Père,
St-Malo

 tags

Air / Blonde Redhead / Festival Route du Rock 2004 / Fort de St Père / Lali Puna / Peaches

 liens

Lali Puna
Air
Festival Route du Rock 2004

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Cette année, La Route du Rock assume pleinement son nom avec une affiche très rock, et bien sûr plein de groupes pop indé qui font la particularité de ce festival. Enserré entre The Kills le samedi et John Spencer Blues Explosion le dimanche, la programmation du samedi faisait un peu bande à part avec Lali Puna (déjà présent pour l’édition 2001), et Air en guise de tête d’affiche. En fin de soirée, pour danser alors que le froid commencer à sévir, quelques groupes plus électroniques clôturent des journées bien remplies.

On passera assez rapidement sur la journée de vendredi qui, après deux très bon concerts au Palais du Grand Large n’apportait pas de grosses surprises. Now It’s Overhead qui avait la lourde tâche de démarrer le festival au fort ne s’en tire pas mal. Rien de bien nouveau, mais une pop bien ficelée, et une prestation scénique honnête. The Beta Band ensuite, fait partie de ses groupes, comme The Experimental Pop Band, qui malgré leur nom, ne nous font pas bander. On trépigne, on soupire, on prend notre mal en patience, et on attend que ça se passe. C’était sans savoir ce qui nous attendait. The Kills ne nous laissèrent non plus pas indifférent. Un guitariste qui chante, une chanteuse qui chante (ouf !!) et qui, vu son physique, doit pas mal assuré sur les pochettes de disque. Le batteur lui est resté au vestiaire, et toutes les parties rythmiques sont enregistrées. Coincé derrière ses micros, le couple a du mal à combler le vide tant scénique que musical, mais qui malgré le manque de moyen parvient à produire l’un des rares concerts franchement rock du festival.
Avec dEUS c’est tout le contraire. Retour à une pop classieuse et mélodique avec de nombreux musiciens qui ne font pas semblant de jouer. Un groupe qui n’en est pas à sa première Route du Rock puisqu’ils nous avaient déjà séduit en 1999 et qui est visiblement content de revenir. Prestation scénique impeccable et au final une émotion ambiguë, entre leur joie communicative et des chansons un peu mélancoliques. Pour finir, LCD Soundsystem qui nous séduiront dès leur premier titre, mélange complexe de pop-world-électro, mais qui redescendront très vite vers quelque chose de plus banal. On quittera donc le fort pendant leur set, en faisant une croix sur RJD2. Une soirée très moyenne au fort sous un ciel hésitant mais qui épargnera un public assez peu nombreux en ce premier jour, chose assez habituelle pour un festival qui débute le vendredi.

Le lendemain par contre le fort semblera presque trop petit, drainant un public certainement assez large, attiré à la fois par l’électro light de Air ou la pop, toute aussi légère de Phoenix. Pour commencer, on appréciera Flotation Toy Warning qui se fera remarquer par sa bonne humeur et son envie de communiquer sa joie de jouer ici. Malgré une pop relativement classique, il parviendront sans mal à retenir notre attention, faisant preuve d’une générosité remarquable quand la plupart des artistes arrivent en terrain conquis et se contentent de faire leur set. Lali Puna ensuite ne nous convaincra guère plus que d’accoutumée. Avec le premier titre on se dit que ça va être bien et que le groupe a trouvé le bon mélange entre électronique et électrique, avec une énergie qui manquait lors de leur concert au Centre Pompidou. Malheureusement au bout de quelques morceaux la partie électronique passe au second plan, perdant un peu ce qui faisait leur particularité sur ce type de festival. Ils feront leur set sans jamais parvenir à nous faire adhérer de nouveau. Et finalement c’est Air qui nous surprendra agréablement, peut-être est-ce là l’effet découverte en live, pour un groupe qui nous laisse plutôt indifférent sur disque. Certes, il n’y a aucune place au hasard, à l’improvisation. Tout est calibré, les versaillais délivrant un concert carré, professionnel, allant même jusqu’à quitter la scène au bout de 45mn, juste pour revenir faire leur rappel d’une quinzaine de minute et boucler leur heure de présence. Ils nous offriront quand même une petite surprise avec la présence de Gordon Tracks, venu chanté sur un morceau extrait de la BO de Virgin Suicides. Le groupe semble particulièrement fédérateur puisque tous les festivaliers, ou presque, s’étaient attroupés vers la scène pour profiter de la tête d’affiche du jour.
On ira ensuite combler une petite faim, et on ne ressentira pas le besoin de revenir vers la scène pour voir Phoenix. Une pop sans autre intérêt que d’être plutôt efficace, mais ça ne vaut pas une bonne pizza. Rien à voir avec TV on the Radio qui seront notre grosse surprise du festival. On ne sait pas ce que cela vaut sur disque, mais il délivrèrent ce soir un concert comme on en voit trop peu, particulièrement généreux, avec un chanteur qui donne tout ce qu’il a, pour une pop riche et empreinte de soul. On se dit très vite qu’il s’agit là d’un groupe comme seul des noirs américains peuvent en créer un, nous faisant régulièrement penser à un croisement entre pop et chants d’esclaves. Un grand moment.
Pour finir, un autre concert que l’on attendait beaucoup : Peaches. Après s’être fait huer autant par les fans de Bjork que par ceux de Marilyn Manson, on se posait quelques questions sur le choix de faire jouer celle-ci dans un festival, seule sur une grande scène. Finalement le public de la Route du Rock est peut-être plus tolérant, ou plus ouvert, et elle reçut un très bon accueil. On retrouve son style un peu provocant, parfois aidée de deux danseuses pour des mimes suggestifs, et parvenant sans peine à occuper l’ensemble de la scène en nous donnant l’impression que celle-ci ne lui suffit pas. En effet, elle grimpera sur la structure métallique jusqu’à la hauteur des projecteurs, sautera sur les caissons de basses qui étaient au pied de la scène, et chantera même un titre perchée sur la barrière qui maintenait le public à distance, assurée par deux heureux agents de sécurité. En dehors du show, sa musique a atteint une certaine maturité, passant sans hésiter d’un titre électronique avec paroles scandées rappelant les Chicks on Speed, à un punk rock sauvage, équipée d’une guitare, tout le reste étant enregistré. Finalement une très bonne journée, avec une météo particulièrement agréable, douce en comparaison à la veille.

On s’y attendait un peu, le dimanche connu un revirement un peu regrettable des conditions météo, le ciel se voilant pendant les concerts au Palais du Grand Large. C’est entre les gouttes et les averses que l’on se dirige vers le Fort pour le concert de Mojave 3. On préfère Slowdive à Mojave 3, mais ils délivrèrent un bon concert, en sortant facilement du lot avec leur son clair teinté de folk. On ne verra pas la fin de leur set, et on reviendra pendant celui de Girls In Hawaii, pop efficace et sans intérêt.
C’est lors du changement de plateau, alors qu’on s’apprêtait à aller manger un bout qu’une averse assez importante débuta, nous coupant l’appétit. Le calme est revenu pour le début du concert de Blonde Redhead que l’on découvrait ce soir après en avoir énormément entendu parler. Grosse découverte donc, pour ce trio plutôt sombre, alternant pop et passages rock plus tendus. Les trombes d’eau qui se déversent alors sur le fort, ajoutées aux éclairs qui illuminaient celui-ci, semblaient faire partie intégrante du concert, venant illustrer et appuyer une mélancolie latente qui devint envahissante. La pluie inonde la scène, des techniciens épongent régulièrement celle-ci et les claviers de la chanteuse, jusqu’à ce qu’elle annonce qu’ils doivent arrêter. Annonce confirmée par un des organisateurs qui explique que pour des raisons de sécurité, ils sont contraint d’arrêter le concert. Les festivaliers gambades dans la boue ou évitent les flaques, mais beaucoup quittent le fort de St Père à ce moment. Une demi heure plus tard, ne voyant aucun changement se profiler et n’étant pas particulièrement intéressé par les derniers concerts, on fera de même pour aller se sécher.

Une nouvelle édition de la Route du Rock fidèle au festival, très pop mais permettant toujours de faire quelques découvertes intéressantes, le tout dans une ambiance bon enfant, décontractée et estivale.

Fabrice ALLARD
le 17/08/2004

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