Festival La Bâtie 2004 : Soirée Touch avec C. Fennesz / P. Jeck / BJ Nilsen

 date du concert

05/09/2004

 salle

Cathédrale St Pierre,
Genève

 tags

BJ Nilsen / Cathédrale St Pierre / Fennesz / Festival La Bâtie 2004 / Hazard / Philip Jeck

 liens

Philip Jeck
Fennesz
Festival La Bâtie 2004
BJ Nilsen

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Plus que beaucoup d’autres, Touch, maison de disques anglaise oeuvrant depuis plus de deux décennies, peut se prévaloir d’une unité de label, grâce à des partis pris esthétiques forts, tant pour son désir de faire des disques à écouter et pas seulement à entendre que par l’unité visuelle des illustrations de Jon Wozencroft. Dans le cadre du festival de la Bâtie, Mike Harding a pu mettre en place une de ces soirées où il pousse encore plus loin l’identité de son label en rassemblant plusieurs de ses artistes pour un thème commun : les travaux pour orgues, passés, actuels et à venir.

Le premier des concerts a lieu dans la nef de la cathédrale Saint-Pierre. Charles Matthews, maître-organiste anglais, a pris possession des grandes orgues. Le programme est moderne, alternant des oeuvres de Messiaen et Jolivet qui fourmillent en un chatoiement de couleurs. Rejoint par Marcus Davidson dont il vient de jouer une pièce composée pour l’occasion, ils se lancent dans une cantate de Gorecki opposant passages dans les fréquences très basses, que l’on ressent plus que l’on entend, et passages audibles joués très fort.

Alors que les organistes n’ont pas encore fini de jouer, on est amené à se déplacer vers la chapelle adjacente. Là, dans la pénombre, BJ Nilsen, très geek (crâne rasé, lunettes rectangulaires), tapote sur son laptop et entremêle des sons d’orgues au préalable triturés. Comme sur ses enregistrement de vent sous le nom de Hazard, il est difficile de reconnaître la matière première, tant modifiée par des altérations électroniques. Il donne à entendre une foule de grésillements qui prennent tour à tour la première place. Laissant son matériel tourner tout seul, il conclue son set en s’installant derrière le petit orgue de la chapelle et rajoute quelques longues notes de basse.

Poursuivant notre découverte du lieu, nous descendons ensuite dans les sous-sol de la cathédrale, où un musée présente les mosaïques découvertes lors de fouilles archéologiques. C’est dans ce décor que Philip Jeck a installé ses deux platines et sa mixette. Pour rester dans le ton, les disques qu’il mixe sont des enregistrements d’orgues. Les sons sont ici parfaitement reconnaissables, même s’il les mêle dans une musique ambient, agrémentées des boucles d’un petit synthétiseur. Mais comme il n’aime visiblement pas le processus inexorable des orgues répétitives, il prenait un malin plaisir à y insérer des grains de sable sous formes de riffs de guitare, gardant ainsi l’esprit de l’auditeur en alerte.

Retour enfin dans la chapelle, où Christian Fennesz a pris place. Il présente lui aussi un travail composé spécialement pour l’occasion, basé sur des sons d’orgues et non plus de guitare. On retrouve néanmoins les longues nappes lumineuses qui forment sa patte : les traitements électroniques sont les mêmes que ses travaux habituels. Son morceau prend tout son sens sur la longueur, semblant identique entre deux moments proches et variant lentement jusqu’à atteindre un apogée. Il s’arrête au bout d’une demi-heure après un long fade-out, semblant anxieux d’avoir présenté ce morceau qui sort de l’ordinaire de ses concerts.

Bertrand Le Saux, Soizig Le Calvez
le 13/09/2004

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