Sigur Rós : Odin’s Raven Magic

 date du concert

28/09/2004

 salle

Grande Halle de la Villette,
Paris

 tags

Grande Halle de la Villette / Hilmar Örn Hilmarsson / Sigur Ros

 liens

Sigur Ros
Grande Halle de la Villette

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Ayant déjà vu une fois Sigur Rós en concert et trouvant celui-ci inégal, on hésitait à faire le déplacement pour ce concert-spectacle un peu à part dans la carrière du groupe. En fait si ce concert avait eu une bonne raison d’être programmé dans le cadre du festival Villette Numérique, on aurait sûrement moins hésité, mais rien de très numérique dans cet ensemble de choeurs et cet orchestre qui se trouvaient sur scène avec Sigur Rós. Ce sont plutôt quelques échos des précédentes présentations de cette pièce, il y a deux ans à Londres, qui nous ont fait changer d’avis, comparant cette oeuvre à des productions d’Arvo Part.

Autre inquiétude : la salle. La salle Charlie Parker est une sorte de grand hall de gare, le prolongement de la Grande Halle de La Villette, tout simplement, et ne bénéficie pas de soins particuliers au niveau de l’acoustique pour y produire des concerts. On y avait déjà eu droit deux ans auparavant, toujours dans le cadre de Villette Numérique, avec Ryoji Ikeda, Carsten Nicolaï et Mika Vainio, avec un son passable. Heureusement, on sera bien vite rassuré, dès les premières notes, en constatant que le niveau sonore est justement dosé, évitant des réverbérations malvenues.
On apprécie alors tout de suite le premier mouvement où seules les cordes se font entendre, graves, inquiétantes, mélancoliques, décomposées en strates d’intensité et d’ampleur variables. Il se trouve que derrière Odin’s Raven Magic, se produisent également les Hralnagaldurs Performers, dont fait partie Hilmar Örn Hilmarsson, responsable de la bande son du film Angels of the Universe, sur laquelle il collaborait déjà avec Sigur Rós, et que l’on imagine largement responsable des parties de cordes. Après cette longue et belle introduction, les membres de Sigur Rós commencent à participer, archet plaqué contre la guitare, comme de coutume. C’est aussi à ce moment que se fait entendre la superbe voix du soliste, plaintive à souhait, aux évocations parfois religieuses, délicatement soulignée par les choeurs. On entre alors pleinement dans cette symphonie rock qui révélera toute sa dimension lors de quelques montées appuyées par la partie rythmique de l’orchestre, ou plus classiquement par la batterie du groupe comme ce sera le cas sur le troisième mouvement. Un morceau plus enlevé, qui décolle rapidement, donnant l’impression d’entendre un morceau de Sigur Rós au milieu d’une symphonie. Par contre il feront ici usage d’un impressionnant marimba en pierre sur lequel ils reviendront régulièrement.

Le voyage se passe sans encombre, alternant calmes passages de cordes sur lesquels on devinera même quelques petits bruitages électroniques, superbes chants du soliste inspirés d’anciens contes islandais, choeurs tantôt fragiles, tantôt puissants, devant une vidéo qui nous laissera perplexe. D’abord intrigué, puis admiratif devant ce joli noir et blanc, ces gros plans, ces négatifs, ce ne sont finalement que des images qui bougent et qui n’apportent rien, ou ne sont pas à la hauteur de la musique. Pire, elles auront plutôt tendance à nous distraire.
Sur le dernier mouvement, on retrouvera tous les éléments. Cordes pour commencer, soliste et choeurs, auquel répondra Jónsi de sa voix de fausset, jusqu’à un court, mais puissant final rock qui nous donnera des frissons : accélération de la rythmique, montée de cordes et de choeurs, puis explosion de guitares rock et mélodiques.

Un superbe concert d’un peu plus d’une heure qui nous aura longtemps tenu en haleine, dosant justement les moments de tension jusqu’à la libération finale. De toute beauté.

Fabrice ALLARD
le 11/10/2004

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